Homélie 33 ; PG 34, 741-743 (trad. coll. Icthus, vol. 11, p. 155 rev.) 

« Sa maison, c’est nous » (He 3,6)

Le Seigneur se pose dans une âme fervente, Il en fait son trône de gloire, Il s’y assied et y demeure… Cette maison qu’habite son maître est toute grâce, ordre et beauté, comme l’âme avec qui et en qui le Seigneur demeure n’est qu’ordre et beauté. Elle possède le Seigneur et tous Ses trésors spirituels. Il en est l’habitant, Il en est le chef. 

Mais qu’elle est affreuse la maison dont le maître est absent, dont le Seigneur est au loin ! Elle se délabre, tombe en ruines, s’emplit de souillures et de désordre. Elle devient, selon le mot d’un prophète, un repaire de serpents et de démons (Is 34,14). La maison abandonnée s’emplit de chats, de chiens, d’ordures. Et qu’elle est malheureuse l’âme qui ne peut se relever de sa chute funeste, qui se laisse entraîner et en vient à haïr son époux et à arracher ses pensées de Jésus-Christ ! 

Mais quand le Seigneur la voit se recueillir et chercher nuit et jour son Seigneur, crier vers Lui ainsi qu’Il l’y invite : « Priez sans cesse », alors «Dieu lui fera justice » (Lc 18,1.7) — Il l’a promis — et Il la purifiera de toute méchanceté. Il s’en fera « une épouse sans tache ni ride » (Ep 5,27). Crois en Sa promesse ; elle est vérité. Regarde si ton âme a trouvé la lumière qui éclairera ses pas et la nourriture et la boisson véritables que sont le Seigneur. Te manquent-elles encore ? Cherche nuit et jour, tu les trouveras.

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