Hymne 30 (trad. SC 174, p. 357)

Avant que brille la lumière divine, je ne me connaissais pas moi-même. Me voyant alors dans les ténèbres et en prison, enfermé dans un bourbier, couvert de saleté, blessé, ma chair enflée…, je suis tombé aux pieds de celui qui m’avait illuminé.

Et celui qui m’avait illuminé touche de ses mains mes liens et mes blessures; là où touche sa main et où son doigt s’approche, aussitôt tombent mes liens, les blessures disparaissent, et toute saleté. La souillure de ma chair disparaît… si bien qu’il la rend semblable à sa main divine. Merveille étrange : ma chair, mon âme et mon corps participent à la gloire divine.

Dès que j’ai été purifié et débarrassé de mes liens, le voici qui me tend une main divine, il me retire du bourbier entièrement, il m’embrasse, il se jette à mon cou, il me couvre de baisers (Lc 15,20). Et moi qui étais totalement épuisé et qui avais perdu mes forces, il me prend sur ses épaules (Lc 15,5), et il m’emmène hors de mon enfer…

C’est la lumière qui m’emporte et me soutient ; elle m’entraîne vers une grande lumière… Il me donne à contempler par quel étrange remodelage lui-même m’a repétri (Gn 2,7) et m’a arraché à la corruption. Il m’a fait don d’une vie immortelle et m’a revêtu d’une robe immatérielle et lumineuse et m’a donné des sandales, un anneau et une couronne incorruptibles et éternels (Lc 15,22).

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