La Philocalie – Desclée de Brouwer / J. – C. Lattès, p. 596

10- Donc, celui qui a considéré avec impassibilité le premier vice, c’est à dire la suggestion, ou qui l’a repoussé d’emblée par la contestation et la violence, a retranché d’un coup tous les autres. Mais supprimer les huit passions doit se faire ainsi.

La gourmandise est supprimée par la tempérance. La prostitution est supprimée par le désir de Dieu et la tension vers les biens du siècle à venir. L’amour de l’argent est supprimé par la compassion envers les pauvres. La colère est supprimée par l’amour  pour tous et par la bonté. La tristesse que donne le monde est supprimée par la joie spirituelle. L’acédie est supprimée par la patience, la persévérance et l’action de grâce rendue à Dieu. La vaine gloire est supprimée par l’exercice caché des vertus et par la prière continuelle dans la contrition  du cœur. L’orgueil est supprimé en ne jugeant ou ne méprisant personne à la manière du Pharisien présomptueux, mais en se considérant soi-même comme le dernier de tous.

Ainsi donc l’intelligence, délivrée des passions que nous venons de dire et élevée vers Dieu, mène désormais une vie bienheureuse et reçoit le gage du Saint-Esprit. Après avoir quitté les choses d’ici dans l’impassibilité et la vraie connaissance, elle se porte vers la lumière de la Sainte Trinité, illuminée avec les anges divins dans les siècles infinis.