La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 165-166

89. Une pensée persistante dénonce le penchant de l’homme. Mais une pensée rapidement détruite signifie le combat et l’opposition.

90. Dans son évolution, l’intelligence passe par trois états : selon la nature, au-dessus de la nature, et contre la nature. Quand elle passe par l’état selon la nature, elle se découvre responsable de ses mauvaises pensées et confesse à Dieu ses péchés, en reconnaissant les causes de ses passions. Quand elle se trouve dans l’état contraire à la nature, elle oublie la justice de Dieu et elle combat les hommes, comme s’ils lui étaient nuisibles. Enfin, quand elle est menée dans l’état qui est au dessus de la nature, elle trouve les fruits du Saint-Esprit dont parle l’Apôtre : l’amour, la joie, la paix, et la suite (Cf. Gal. 5,22). Et elle s’aperçoit que si elle préfère les soucis du corps, elle ne peut demeurer là. Elle quitte ce lieu, mais alors elle tombe dans le péché et ses terribles conséquences, sinon dans l’immédiat, du moins en son temps, comme le sait la justice de Dieu.

91. La vraie connaissance se trouve en chacun, pour autant que la confirme la douceur, l’humilité et l’amour.

92. Tout homme baptisé dans la foi orthodoxe a reçu mystiquement toute la grâce. Mais il n’obtient ensuite la pleine certitude qu’en accomplissant les commandements.

93. Le commandement du Christ, quand il est accomplit en toute conscience, accorde une consolation à la mesure des nombreuses afflictions du cœur. Cependant, pour chacune d’elles, la consolation ne vient qu’en son temps.

94. En toute chose, prie continuellement. Car tu ne peux rien accomplir sans le secours de Dieu.

95. Rien n’est plus puissant que la prière pour nous donner l’énergie divine. Et rien n’est plus utile qu’elle pour nous obtenir la bienveillance de Dieu.

96. Toute la pratique des commandements est dans la prière. Car rien n’est plus haut que l’amour de Dieu.