Géron Porphyrios, Klitos Ioannidis, Éditions le saint monastère de la Transfiguration – Athènes 2005, p.163-164.

Le cœur passe avant la pensée dit Géron : « La pensée se réveille et cherche quel mensonge dire pour tromper le client, s’il s’agit d’un professionnel, comment se comporter là, ce qu’il va dire à celui-ci, ce qu’il va faire à l’autre, comment gagner plus d’argent.

D’un autre côté le cœur voit un petit enfant, il le caresse. Il met la main à la poche et offre un peu d’argent à un nécessiteux. Il court à l’hôpital rendre visite à quelqu’un qui est malade…Il propose ses services comme bénévole s’il veut ou donne de l’argent. Quand le cœur parle, la main entre dans la poche ; quand la pensée parle, la main sort de la poche. Par conséquent, pour moi le cœur a la préséance. »

… La pensée ne s’intéresse pas à la prière, à ce que le cœur recherche. Ils ont des intérêts différents. La pensée réside dans les œuvres du mal, alors que le cœur essaie de communiquer avec le divin…Dans un paroxysme de douleur psychique ou corporel, la pensée se soumet, elle est clouée au désir du cœur. Et par cœur je n’entends pas le cœur de chair. Le cœur est plus dedans, plus à l’intérieur…

Il faut que notre voix soit entendue de Dieu. Mais chaque fois que nous disons que nous prions, est-ce que notre voix est entendue de Dieu ? c’est là la question. Non, parce qu’autant de fois que tu vas faire ta prière, tu bâilles, tu vas faire ta prière et tu te souviens de ce que t’a fait l’un, de ce que t’a fait l’autre, comment te venger, ce que tu vas faire et encore et encore… Ce n’est pas possible de dire que tu as prié ce soir-là. C’est pourquoi, c’est seulement quand l’homme souffre corporellement et psychiquement que la porte du Christ peut s’ouvrir. »

Et, poursuit Géron Porphyrios, quand, pour la première fois, j’ai demandé à Géron Philothée s’il était difficile de communiquer avec Dieu, il m’a répondu : « Que dis-tu, mon enfant, cela semble difficile, mais c’est facile. Il suffit que tu le veuilles, que tu croies, que tu pries, et le premier échelon est la confession et la communion. C’est difficile, ça ? » je lui dis : « Si je fais cela je vais communiquer avec Dieu ? » « Oui », me dit-il.