L'archimandrite Isaac à la droite de son Géronda, saint Païssios.
Alain Durel, la presqu’île interdite – Éditions Albin Michel 2010, pages 110 à 111.
Quelques semaines plus tard, je retournai voir l’ermite libanais qui me prodigua ses conseils avisés :
N’ouvre la porte à aucune de tes pensées, pas même à celles qui te semblent venir du Christ. On frappe à la porte de ton esprit : « Qui est-ce ? – C’est moi, ton Seigneur le Christ ! – Pardonne-moi, mais avant de t’ouvrir, je vais demander à mon père spirituel si tu es bien le Christ ! » Ne laisse passer aucune pensée sans consulter ton higoumène. Fais-lui une métanie et, surtout, fais-lui confiance, crois que Dieu te parle à travers lui.
Les épreuves que tu traverses sont bonnes. Ne crois pas que ces afflictions soient négatives, au contraire, comprends qu’elles te purifient. Tu dois descendre encore, descendre dans les profondeurs obscures de toi-même et creuser, rejeter la terre comme un mineur ou un bâtisseur, t’enfoncer dans cette obscurité jusqu’à ce que tu touches le véritable fondement, le Rocher. Alors seulement tu pourras construire, sur le fondement inébranlable, un édifice tout aussi inébranlable. Ce sera le temps de refaire surface et de t’élever jusqu’aux cieux…
Ne prends jamais de décision tant que l’eau remue encore, attends que les tourbillons soient passés et tu verras l’image de ta vie se dessiner clairement à la surface, sans ride.
Le diable se moque de toi, te dit d’aller ailleurs. Lorsque tu seras là-bas, il te dira de revenir ici. Fais plutôt revenir ton intellect, ne le laisse pas sortir dans le monde. Tu dois être moins intellectuel et plus pratique. Vois les choses simplement.



















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