Alain Durel, la presqu’île interdite – Éditions Albin Michel 2010, page 197.

Je demandai une ultime fois à papa Isaac, comme pour me rassurer encore :

– Il ne peut y avoir de mensonge en Dieu, par conséquent si je prie jour et nuit et que demeure en mon esprit l’image de « tel », ce n’est pas une fantaisie, n’est-ce pas ?

– Non, ce n’est pas une fantaisie.

Papa Isaac prit alors un bâton et fit mine de me frapper.

– Allez ! Va en France, mais, cette fois, ne reviens plus !

Je m’en allais doucement, me retournant pour saluer Isaac de la main le sourire aux lèvres. Mais tandis que, me retournant de nouveau, je ne percevais plus que le toit en tôle de l’ermitage, mon sourire se changea peu à peu en pleurs. Je m’aperçus que j’avais aimé cet homme comme Lazare avait chéri le Christ.