L’ancien Charalampos – Hiéromoine Joseph de Dionysiou – Grands Spirituels Orthodoxes du XXe siècle – Éditions l’Age d’Homme, 2012, pages 111, 133-135.

Il y a une catégorie de personnes qui sont le jouet des chimères et des illusions. Ce sont ceux qui ne se confessent pas du tout, ou ne révèlent pas leurs pensées de façon précise…

Autant que tu le peux, mon enfant, jette-toi spirituellement avec crainte de Dieu aux pieds du Christ, comme un mendiant.

Sache encore ceci : tu es venu du monde, tu portes encore le monde en toi. Toutes les images du monde que tu as en toi, le tentateur les fera défiler dans ta tête comme un film. Toi, garde la prière. Insiste, sois patient et fais-toi violence. Dans la mesure du possible, chasse toute image mentale bonne ou mauvaise. Efforce-toi de n’avoir en tête que les cinq mots de la Prière de Jésus.

… « Géronda, vous qui enseignez la prière mentale, quelle est votre opinion : est-elle faite uniquement pour les moines ou est-ce que cela concerne tous les chrétiens ?

— Selon tout ce qu’écrivent les Saints Pères, mais aussi d’après mon expérience personnelle, je considère que la prière mentale est destinée à tous les chrétiens. Mais pas pour les hérétiques et cela me semble encore plus difficile pour les personnes d’autres religions.

— Puisque vous dites que la prière mentale est aussi pour nous, qui vivons dans le monde, vous nous encouragez. Mais nous avons besoin d’aide. Nous essayons d’appliquer ce qui est écrit dans les livres, mais cela nous a semblé difficile.

— Bien sûr que c’est difficile. Cette tâche ne requiert pas seulement que l’on combatte, mais elle exige aussi un guide expérimenté. Il vous faut d’abord un confesseur.

… Si vous avez un confesseur, vous n’avez pas besoin que je vous confesse. Mais je vais vous dire comment dire la prière. Le chrétien, par le baptême, reçoit la grâce en lui, il a le Christ en lui. Mais lorsqu’il pèche, il chasse la grâce. Le péché nous sépare du Christ comme le ferait un mur. Tu cries : « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi… », et la porte reste fermée. C’est par le repentir et la confession que le péché peut être effacé et que le mur tombe. L’homme se réconcilie avec Dieu… »