Saint Nectaire d’Egine – P. Ambroise Fontrier – l’Age d’Homme, 1993, p.150-151
Dieu n’est pas « un homme sévère », mais c’est ainsi que le péché, l’hérésie et l’athéisme nous le font voir. C’est pourquoi le commencement d’une conduite juste et agréable à Dieu (orthopraxie) c’est de nourrir une foi juste sur Dieu (orthodoxie).
Ce que Père Ambroise voulait dire, c’est que non seulement nous jugeons Dieu lorsque nous voulons, chacun individuellement, le réduire à nos vies humaines et trop courtes, mais qu’il existe aussi de fausses théologies qui jugent Dieu en le présentant comme un véritable tyran qui crée un feu pour torturer ceux qui ne l’ont pas connu parce qu’il n’a pas voulu se faire connaître d’eux.
À cette notion terrible de l’enfer, Père Ambroise opposait l’enseignement lumineux de saint Isaac le Syrien qui avait expérimenté, spirituellement, ce dont parle le Seigneur dans l’Évangile. Or que dit l’Évangile ? Il parle d’un feu qui ne s’éteint point.
Si l’enfer était créé par Dieu – un Dieu évidement cruel – il pourrait s’éteindre un jour, rien de créé n’étant éternel par nature. S’il est vraiment inextinguible, cela signifie, selon saint Isaac, que l’enfer n’est pas créé par Dieu – toute la scolastique est ici réfutée.
L’enfer, c’est le feu de l’amour de Dieu tel qu’il se présente à celui qui hait Dieu et ses frères. Ce feu incréé de l’amour divin devient, en effet, pour celui qui aime Dieu, fraîcheur, boisson, nourriture et repos ; pour celui qui le rejette, tourment insupportable. Dieu ne supprime pas l’enfer, parce qu’il ne viole pas la volonté de sa créature qui librement le refuse.
L’exemple même en est fourni par la parabole du fils prodigue, dans l’évangile de saint Luc : le père aimant, à la fin de la parabole, supplie le fils aîné de bien vouloir rentrer dans la joie du festin, mais ce fils refuse. Dieu invite tous les hommes à entrer au paradis, mais il n’en force aucun.


















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