La Philocalie–Desclée de Brouwer/J.–C. Lattès, p. 164-165

81. Grâce avant la grâce, la vraie connaissance a été donnée aux hommes par Dieu. Avant tout, à ceux qui la reçoivent en partage, elle enseigne à se confier en Celui qui la leur a donnée.

82. Quand une âme en état de péché n’accueille pas les afflictions qui lui arrivent, alors les anges disent d’elles : « Nous avons soigné Babylone, mais elle n’a pas été guérie (Jr. 28,9) »

83. L’intelligence qui perd de vue la vraie connaissance se bat avec les hommes pour se qui lui est nuisible, comme si c’était utile.

84. De même que le feu ne peut durer dans l’eau, de même les pensées honteuses ne sauraient demeurer dans un cœur qui aime Dieu. Car tout homme qui aime Dieu aime aussi la peine. Et la peine assumée est par nature ennemie du plaisir.

85. Une passion qui, par la volonté, a fait son œuvre et s’est emparée d’un pâturage, se déchaîne plus tard avec violence, même si celui qui l’a reçu en partage ne le veut pas.

86. Nous aimons les causes des pensées involontaires, et c’est pourquoi celles-ci nous viennent. Quand aux pensées volontaires, il est clair que nous aimons aussi leurs conséquences.

87. La présomption et l’arrogance sont les causes du blasphème. L’amour de l’argent et la vaine gloire sont les causes de la dureté impitoyable et de l’hypocrisie.

88. Quand le diable voit que l’intelligence prie au fond du cœur, alors il l’assaille de tentations pleines de violence et de ruse. Quant aux petites vertus, ce n’est pas par de grandes attaques qu’il souhaite les détruire.