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Armez-vous d’une douce patience, et recréez-vous dans la Foi, qui est la chair de Jésus-Christ, et dans la charité, qui est le sang de Jésus Christ. Qu’aucun de vous n’ait rien contre son prochain. Ne donnez pas de prétexte aux Gentils, pour que, par le fait de quelques incensés, la communauté de Dieu ne soit pas blasphémée. Car « malheur à qui par sa légèrté fait blasphémer mon Nom » Is. 52, 5.
Soyez donc sourds quand on vous parle d’autre chose que de Jésus-Christ, de la race de David, [Fils] de Marie, qui est véritablement né, qui a mangé et qui a bu, qui a été véritablement persécuté sous Ponce Pilate, qui a été véritablement crucifié, et est mort, aux regards du ciel, de la terre et des enfers, qui est aussi véritablement réssuscité d’entre les morts.
La Pénitence, I, 1 (trad. SC 179, p.53 rev.)
La modération est sans doute la plus belle des vertus… De ce fait, celui qui s’applique à corriger les défauts de la faiblesse humaine doit supporter et en quelque sorte peser cette faiblesse sur ses propres épaules, et non pas la rejeter. Car on lit que le berger de l’Évangile a porté la brebis fatiguée, non qu’il l’a rejetée (Lc 15,5)…
La modération, en effet, doit tempérer la justice. Autrement, comment quelqu’un pour qui tu montres du dégoût — quelqu’un qui penserait être pour son médecin un objet de mépris et non de compassion — comment pourrait-il venir vers toi pour être soigné ?
C’est pourquoi le Seigneur Jésus a fait preuve de compassion envers nous. Son désir était de nous appeler à lui, et pas de nous faire fuir en nous effrayant. La douceur marque sa venue ; sa venue est marquée par l’humilité. Il a dit d’ailleurs: « Venez à moi, vous tous qui peinez, et je vous réconforterai ». Ainsi donc, le Seigneur Jésus réconforte, il n’exclut pas, il ne rejette pas. Et c’est à bon droit qu’il a choisi pour disciples des hommes qui, en fidèles interprètes de la volonté du Seigneur, rassembleraient le peuple de Dieu, au lieu de le repousser.
J’ai de grandes pensées en Dieu, mais je me limite moi-même, pour ne pas me perdre par ma vanterie. Car maintenant surtout il me faut craindre, et ne pas prêter attention à ceux qui [tenteraient] de me gonfler [d’orgueil]. Car ceux qui me parlent [ainsi] me flagellent.
Et moi-même, bien que je sois enchaîné, et capable de concevoir les choses célestes, et les hiérarchies des anges, et les armées des principautés, les choses visibles et invisibles, je ne suis pas encore pour autant un disciple. Il nous manque beaucoup de choses, pour que Dieu ne nous manque pas.
Homélies sur Josué, n° 5 (trad. SC 71, p. 166)
« La vraie violence qui s’empare du Royaume des cieux »
Josué a traversé le Jourdain pour attaquer la ville de Jéricho. Mais Saint Paul enseigne : «Nous ne luttons pas contre des hommes, mais contre les forces invisibles, les puissances des ténèbres qui dominent le monde, les esprits du mal qui sont au-dessus de nous» (Ep 6,12)… [Il dit ailleurs au sujet des récits historiques]: «Ces évènements servaient d’exemple ; ils ont été écrits pour notre instruction, à nous qui voyons arriver la fin des temps» (1Co 10,11).
Si donc ces choses ont été écrites pour notre instruction, eh bien ! pourquoi tardes-tu ? Comme Josué, partons pour la guerre, prenons d’assaut la plus vaste cité de ce monde, c’est-à-dire la méchanceté, et détruisons les murailles orgueilleuses du péché.
Regarderais-tu alentour quel chemin il faut prendre, quel champ de bataille il faut choisir ? Tu vas trouver, sans doute, mes paroles étonnantes, elles sont pourtant vraies : limite tes recherches à toi seul. En toi est le combat que tu vas livrer, à l’intérieur de toi l’édifice du mal et du péché qu’il faut abattre ; ton ennemi sort du fond de ton coeur. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le Christ ; écoute-le : «C’est du coeur que viennent les pensées mauvaises, meurtres, adultères, inconduites, vols, faux témoignages, diffamations» (Mt 15,19). Réalises-tu la puissance de cette armée ennemie qui s’avance contre toi du fond de ton coeur ? Voilà nos vrais ennemis.
Comment pourrions-nous vivre sans Jésus Christ, puisque les prophètes aussi, étant ses disciples par l’esprit, l’attendaient comme leur maître? Et c’est pourquoi Celui qu’ils attendaient justement les a, par Sa présence, ressuscités des morts.
Il est absurde de parler de Jésus Christ et de judaïser. Car ce n’est pas le christianisme qui a cru au judaïsme, mais le judaïsme au christianisme, en qui s’est réunie toute langue qui croit en Dieu.
Il convient donc de ne pas seulement porter le nom de chrétiens, mais de l’être aussi; certains, en effet, parlent toujours de l’évêque, mais font tout en dehors de lui. Ceux-là ne me paraissent pas avoir une bonne conscience car leurs assemblées ne sont pas légitimes, ni conformes au commandement du Seigneur.
Prenez donc les moeurs de Dieu, respectez-vous les uns les autres, et que personne ne regarde son prochain selon la chair, mais aimez-vous toujours les uns les autres en Jésus Christ. Qu’il n’y ait rien en vous qui puisse vous séparer, mais unissez-vous à l’évêque et aux presbytres en image et leçon d’incorruptibilité.
Mieux vaut se taire et être que parler sans être. Il est bon d’enseigner, si celui qui parle agit. Il n’y a donc qu’un seul maître (cf. Mt. 23, 8), celui qui « a dit et tout a été fait » (Ps. 32,9; 148, 5) et les choses qu’il a faites dans le silence sont dignes de Son Père.
Celui qui possède en vérité la parole de Jésus peut entendre même son silence, afin d’être parfait, afin d’agir par sa parole et de se faire connaître par son silence. Rien n’est caché au Seigneur, mais nos secrets mêmes sont près de Lui.
« Priez sans cesse » (1Tm. 5,17) pour les autres hommes. Car il y a en eux espoir de repentir, pour qu’ils arrivent à Dieu. Permettez-leur donc au moins par vos œuvres d’être vos disciples. En face de leurs colères, vous, soyez doux; de leurs vantardises, vous, soyez humbles; de leurs blasphèmes, vous, [montrez] vos prières; de leurs erreurs, vous, soyez « fermes dans la foi » (Col. 1,23) … Soyons leurs frères par la bonté et cherchons à être les « imitateurs du Seigneur » (1Tm. 1,6).
Que personne donc ne vous trompe, comme d’ailleurs vous ne vous laissez pas tromper, étant tout entiers à Dieu. Quand aucune querelle ne s’est abattue sur vous qui puisse vous tourmenter, alors vraiment vous vivez selon Dieu…
Les charnels ne peuvent pas faire les oeuvres spirituelles, ni les spirituels les oeuvres charnelles, comme la foi non plus ne peut faire les oeuvres de l’infidélité, ni l’infidélité celles de la foi. Et celles-là même que vous faites dans la chair sont spirituelles, car c’est en Jésus Christ que vous faites tout.
Table des Matières
Ce numéro est entièrement consacré à notre R. Père l’Archimandrite Isaac (Atallah) l’Athonite, en mémoire de la huitième année de sa dormition dans le Seigneur. Que ses prières nous accompagnent.
Mémoire Eternelle.


















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