Dans cette vidéo, le Père Nikolaos Loudovikos raconte sa récente visite au saint monastère de Vatopedi, où il engage une discussion à cœur ouvert avec les pères du monastère. Plongeant dans ses rencontres personnelles avec des saints contemporains vénérés – saint Païssios l’Athonite, saint Porphyrios de Kavsokalyvia et saint Iakovos Tsalikis -, le Père Nikolaos partage les miracles profonds qu’il a vécus durant ces moments sacrés.
… Le Père Nikolaos Loudovikos est un éminent théologien et prêtre orthodoxe. Il est connu pour ses contributions académiques et théologiques au sein de l’Église Orthodoxe.
Source de la vidéo : Institut Saint Maxime le Grec
Produit par pemptousia.tv, septembre 2022.
Père Nikolaos :
À l’école de [inaudible], nous étudiions la Christologie et les étudiants me disent : « Vous parlez avec une telle certitude. »
Je réponds : « Oui, parce que lorsque je parle du Christ, j’ai le père Païssios, j’ai le père Porphyrios dans mon esprit. » La preuve que le Christ a existé se trouve en chacun d’eux et en d’autres. J’ai rencontré le père Porphyrios et au moment où je l’ai fait, je n’avais aucune idée sur les questions spirituelles. J’étais chargé de questions théoriques et dans une impasse sur le plan familial, personnel et autres. C’est dans ces conditions que je me suis rendu chez le père Porphyrios pour la première fois.
Nous nous sommes rassemblés, cinq ou six étudiants universitaires, autour de lui, et il dit : « Les jeunes, je ne peux pas vous parler aujourd’hui. La guitare est désaccordée. Le musicien céleste ne peut pas jouer. »
Je commentais en disant : « Quel dommage ! » Il se tourna vers moi et dit : « Pauvre enfant, tu veux croire mais tu n’y arrives pas, n’est-ce pas? » Je répliquais : « Oui. »
[Saint Porphyrios] me dit alors : « Viens demain, tout seul. »
Le lendemain fut une sorte de Pentecôte personnelle. Il m’a pris par la main, m’a amené dans la forêt proche et m’a dit : « Laisse-moi te montrer Dieu maintenant. » Je pensais qu’il allait lire dans mes pensées. Mais lui me dit immédiatement : « Dieu n’a pas besoin de lire dans tes pensées. »
Puis il continua : « Je vais te dire un fait que tu ne connais pas. »
« Quoi donc ? » demandais-je.
« Sais-tu que lorsque tu es né, tu sortais avec un « double circulaire du cordon » [le cordon ombilical enroulé deux fois autour du cou du] et tu t’étouffais ? »
« Qu’est-ce que tu viens de dire ? »
Il s’est mis alors à me décrire ce moment – quelle heure il était, comment le médecin était absent, comment la sage-femme était absente, et moi, le bébé, qui venais au monde en m’étouffant, juste là. Une infirmière s’était mise à crier : « On perd le bébé… » Soudain, mon père, qui écoutait non loin, entra dans la salle d’accouchement, et dans sa frayeur, me donna une petite tape. Je me suis mis à respirer et j’ai survécu.
[Saint Porphyrios] : « Tu aurais été soit mort, soit handicapé. »
« De quoi parles-tu ? »
« Tu ne le savais pas, tu demanderas à ta mère. Ta mère a repoussé ce [souvenir], comme vous dites, vous les psychologues. »
Puis il se mis à me parler de bien d’autres choses. Comment j’avais été malade d’une maladie rare qui aurait pu me laisser sourd-muet. Et comment un médecin l’avait découverte [la maladie rare] par hasard et m’avait prescrit un traitement. « Tu te souviens de cela ? » Je dis : «Oui.»
Il continuait : soit mort, soit handicapé, soit sourd-muet. Il en dit plus, de plus en plus. Je ne veux pas les répéter.
J’étais sous le choc essayant de reprendre mon souffle quand il me lança à nouveau : « Maintenant que je suis vieux, je lis de la poésie. »
« Mais ces nouveaux poètes sont tous très difficiles à comprendre. »
« Puis-je te réciter quelques vers pour que tu me les expliques ? »
« Bien sûr, bien sûr. »
Il commença et récita mes propres vers personnels. Des vers personnels, inédits ! Je tremblais, un tel choc, je ne peux pas le décrire.
Alors il me dit : « Comment connaîtrais-je toutes ces choses ? »
« Comment les connais-tu, Ancien ? » demandais-je.
« Dieu les connaît, bienheureux, le Saint-Esprit. Il m’illumine en ce moment même. Pour te montrer que Dieu existe, qu’il veille sur toi depuis le moment où tu es né. »
Alors la question jaillit en moi : « Dieu connaît-il aussi l’avenir ? »
« Bien sûr que oui. »
Et il me prit alors la main, juste ici, et dit : « Tu as traversé une maladie, et une autre arrive. »
Je dis : « Laquelle ? »
« Telle et telle », répondit-il. « Fais attention quand elle arrivera. Tu feras ceci et cela… » C’est terrifiant. La maladie est arrivée quatre ans plus tard.
« Pourquoi, Ancien ? » ai-je demandé.
« Toutes les maladies sont psychosomatiques. Tu veilleras à changer ta vie dès maintenant et tu feras ces choses. Bien que, [finalement], tu ne les feras pas. Tu n’as pas encore compris ce qu’est Dieu et ce qu’est la Grâce. »
C’est pour cette raison que j’ai rendu visite au père Païssios. J’ai fait certaines choses de la mauvaise manière. Saint Païssios m’était plus proche – je suis de Volos – et je suis allé le voir pour la première fois.
Nous pensions rencontrer le prophète Moïse, une bête féroce. Mais c’était un vieil homme maigre. Cependant, il avait ce regard [dans les yeux] …
Nous nous sommes rassemblés, trois ou quatre personnes, là-bas autour de son skite. Il y avait aussi un étudiant universitaire de Thessalonique qui était très insolent.
Nous nous sommes assis autour de l’Ancien. L’étudiant universitaire l’attaquait. « Que fais-tu ici, grand-père ? »
« Je suis méchant et on me tient isolé. »
« Pourquoi as-tu une clôture autour de ta cabane ? »
« Parce que je suis méchant, les bêtes m’attaquent, j’ai peur et j’utilise la clôture. »
« Pourquoi n’es-tu pas resté dans le monde pour fonder une famille ? »
« Un caractériel comme moi se marier et détruire aussi la vie des autres?» Je pense en moi-même, dit le père Nikolaos : « Que se passe-t-il ici ?»
« Qu’est-ce que tu sais faire ? » reprend le jeune insolent.
« Je sais additionner, et en ce moment j’essaie d’apprendre à soustraire.»
Comme cela continuait, soudain, saint Païssios lâcha son chapelet et je vis pour la première fois ce regard [unique]. On pouvait sentir comment il pouvait nous transpercer. Il posa sur le jeune ce regard pénétrant et demanda : « Qu’est-ce que tu étudies ? »
L’insolent répondit : « En quoi ça t’intéresse ? »
« Ça ne m’intéresse pas, répliqua saint Païssios. Au fait, te souviens-tu, quand tu étais enfant, que tu avais un banc et que tu posais un tissu rouge dessus et faisais semblant d’être un juge ? »
Il confirma : « Oui, je m’en souviens ! »
« C’est pourquoi je te dis ceci. Laisse l’économie que tu étudies et va à la faculté de droit. C’est là qu’est ta vocation. »
Le jeune bondit de sa place, poussa un cri et se mit à courir.
[Saint Païssios] commenta en disant : « Il deviendra un commando ! »
« Quel commando ? » demandais-je.
« Un commando du Christ, répondit le saint. Il changera. »
Il se tourna alors vers moi et dit : « Nous deux, entrons à l’intérieur. Pourquoi n’as-tu pas fait ce que le Père Porphyrios t’a dit ? »
« Comment le sais-tu ? » répondis-je interloqué.
« Le Saint-Esprit est Un [et le même]. Maintenant, tu devras faire ce que je te dis. » Tout cela c’était une manifestation de la Grâce. Je ne peux pas tout raconter parce que c’est personnel.
Mais il m’a sorti d’une situation terrible. J’ai alors commencé à venir régulièrement [au Mont Athos]. J’ai rencontré l’Ancien [il doit s’agir de l’higoumène Éphraïm du monastère de Vatopedi qui apparaît dans la vidéo] alors qu’il était novice au [monastère] de Koutloumousiou.
« Dis-nous donc, après la visite à saint Païssios, as-tu fait ce que saint Porphyrios t’avait dit ? » demanda l’un des moines présents.
« Tu plaisantes ? Tout de suite ! »
« Notre génération a beaucoup bénéficié. Ce sont des choses stupéfiantes. Personnellement, je ne sais pas où je serais si ces choses n’étaient pas arrivées. » Tout ce que je vous ai raconté est absolument réel. Non seulement réel, mais j’ai caché beaucoup de choses qui sont personnelles et encore plus graves.
« Et saint Iakovos Tsalikis ? »
« J’étais jeune marié. Nous avions entendu parler de lui. J’étais fauché et je n’avais pas encore de travail. »
Je suis entré dans le monastère de saint David [en Eubée] et je n’avais qu’un billet de mille drachmes [ancienne monnaie grecque] dans ma poche, rien d’autre. J’avais de l’essence pour rentrer à Thessalonique et un billet de mille drachmes, pas mille euros, dans ma poche.
Je suis entré dans l’église, elle était complètement vide, et j’ai jeté le billet dans le tronc à dons. Soudain, je vis le père Iakovos [Tsalikis], qui priait à l’intérieur de l’Autel, venir vers moi.
« Pourquoi as-tu fait cela ? » demanda-t-il.
« Qu’ai-je fait ? »
Il dit : « Comme la veuve. [Marc 12,41-44 ; Luc 21,1-4] Tu as jeté à l’intérieur tout ce que tu avais. Et tu es sans emploi ! »
« Oui. »
[Saint Iakovos] : « Je t’en suis redevable. »
Il m’a dit des choses qui ne commencent à se réaliser que maintenant.
Telle fut l’expérience que j’ai eue avec de si grands hommes, que j’ai ensuite tenté d’expliquer et de transmettre par la lecture et le travail. Dieu donne la connaissance et Il donne aussi la sagesse. Quand tu as l’une, tu dois t’efforcer d’apprendre l’autre.


















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