Correspondance – Éditions de Solesmes

745 – A un pieux laïc, avocat et ami du monastère des Pères, l’abbé demanda de s’occuper d’une affaire importante et urgente, car il avait l’habitude de faire pour Dieu avec empressement ce qu’on lui demandait. Or, à l’instigation du diable, il arriva qu’il négligea cette affaire. Ennuyé, l’abbé demanda au Vieillard (saint Barsanuphe) ce qu’il devait lui écrire. Et celui-ci répondit:

Écris-lui ceci: Nous savons que nous sommes cause d’ennui, que nous te dérangeons et te tracassons pour cette affaire. Et toi tu es négligent et tu nous gênes en ne faisant rien. En toute liberté, dis-nous si nous te sommes à charge, et nous ne te chargerons plus. Car à défaut de toi, Dieu ne peut-il subvenir à nos besoins par un autre ? Fais donc diligence ou bien informe-nous et Dieu s’en chargera. Et prie pour nous.

Au reçu de cette lettre, l’avocat ressentit comme du feu dans son coeur, et grâce aux prières des Pères, il mit vraiment tout son zèle dans l’affaire en question, rattrapa le temps perdu et fit le nécessaire. Puis il vint se prosterner et demanda pardon. Telle est l’efficacité de la parole lorsqu’elle vient de quelqu’un qui a reçu pouvoir de l’Esprit Saint, elle réalise tout en peu de temps. Il est dit en effet: « Les paroles des sages sont comme des aiguillons » (Qo 12,11). Voilà en effet l’affaire réglée et l’âme de l’avocat corrigée de la négligence, mère des vices.