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Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Éditions du CERF
Nous vous écrivons, frères, au sujet des martyrs et du bienheureux Polycarpe, qui, par son martyre, a pour ainsi dire mis le sceau à la persécution en la faisant cesser. Presque tous les évènements antérieurs sont arrivés pour que le Seigneur nous montre encore une fois un martyre conforme à l’Evangile. Comme le Seigneur, en effet, Polycarpe a attendu d’être livré, pour que nous aussi nous soyons ses imitateurs, sans regarder seulement à notre intérêt, mais aussi à celui du prochain (cf. Ph.2, 4). Car c’est le fait d’une charité vraie et solide que de ne pas chercher seulement à se sauver soi-même, mais aussi à sauver tous les frères.
Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Éditions du CERF
Vous m’avez écrit, vous et Ignace, pour que si quelqu’un va en Syrie, il emporte aussi votre lettre; je le ferai si je trouve une occasion favorable, soit moi-même, soit celui que j’enverrai pour vous représenter avec moi.
Comme vous nous l’avez demandé, nous vous envoyons les lettres d’Ignace, celles qu’il nous a adressées et toutes les autres que nous avons chez nous; elles sont jointes à cette lettre, et vous pourrez en tirer grand profit, car elles renferment foi, patience, et toute édification qui sa rapporte à notre Seigneur. Faites-nous savoir ce que vous aurez appris de sûr d’Ignace et de ses compagnons.
Commentaire du Ps 118, 22, 27-30 ; CSEL 62, 502-504
« Votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu »
Viens, Seigneur Jésus, cherche ton serviteur ; cherche ta brebis fatiguée ; viens, berger… Pendant que tu t’attardes sur les montagnes, voilà que ta brebis erre : laisse donc les quatre-vingt-dix-neuf autres qui sont tiennes et viens chercher l’unique qui s’est égarée. Viens, sans te faire aider, sans te faire annoncer ; c’est toi maintenant que j’attends. Ne prends pas de fouet, prends ton amour ; viens avec la douceur de ton Esprit. N’hésite pas à laisser sur les montagnes ces quatre-vingt-dix-neuf brebis qui sont tiennes; sur les sommets où tu les a mises, les loups n’ont point d’accès… Viens à moi, qui me suis égaré loin des troupeaux d’en-haut, car tu m’avais mis là moi aussi, mais les loups de la nuit m’ont fait quitter tes bergeries.
Cherche-moi, Seigneur, puisque ma prière te cherche. Cherche-moi, trouve-moi, relève-moi, porte-moi ! Celui que tu cherches tu peux le trouver, celui que tu trouves, daigne le relever, et celui que tu relèves, pose-le sur tes épaules. Ce fardeau de ton amour, il ne t’est jamais à charge, et tu te fais sans lassitude le péager de la justice. Viens donc, Seigneur, car s’il est vrai que j’erre, « je n’ai pas oublié ta parole » (Ps 118,16), et je garde l’espoir du remède. Viens, Seigneur, tu es seul à pouvoir encore appeler ta brebis perdue, et aux autres que tu vas laisser, tu ne feras aucune peine ; elles aussi seront contentes de voir revenir le pécheur. Viens, il y aura salut sur la terre et il y aura joie dans le ciel (Lc 15,7).
N’envoie pas tes petits serviteurs, n’envoie pas de mercenaires, viens chercher ta brebis toi-même. Relève-moi dans cette chair qui avec Adam est tombée. Reconnais en moi par ce geste, non l’enfant d’Ève mais le fils de Marie, vierge pure, vierge par grâce, sans aucun soupçon de péché ; puis porte-moi jusque sur Ta Croix, elle est le salut des errants, le seul repos des fatigués, l’unique vie de tous ceux qui meurent.
Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Éditions du CERF
Je suis assuré que vous êtes très versés dans les Saintes Lettres et que rien ne vous en est ignoré: moi je n’ai pas ce don. Il me suffit de vous dire, comme il est dit dans ces Écritures: « Mettez-vous en colère et ne péchez pas », et « que le soleil ne se couche pas sur votre colère » (cf. Ps.4,5; Ep.4,26). Heureux qui s’en souvient; je crois qu’il en est ainsi pour vous.
Que Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, et Lui-même, le grand prêtre éternel, le Fils de Dieu, Jésus Christ, vous fassent grandir dans la foi et dans la vérité, en toute douceur et sans colère, en patience et longanimité, endurance et chasteté; qu’il vous donne part à l’héritage de ses saints, et à nous-mêmes avec vous, et à tous ceux qui sont sous le ciel, qui croient en notre Seigneur Jésus Christ et en Son Père qui l’a ressuscité d’entre les morts. Priez tous les saints. Priez aussi pour les rois, pour les autorités et les princes, et pour ceux qui vous persécutent et vous haïssent, et pour les ennemis de la Croix; ainsi le fruit que vous portez sera visible à tous, et vous serez parfaits en lui.
En ce jour, le 8 septembre, l’Eglise fête la Nativité de la Toute Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie. Pour lire le discours de Saint Ephrem sur la fête, cliquez sur le lien…
Puisque la Vierge Mère de Dieu devait naître de sainte Anne, la nature n’a pas osé anticiper sur la grâce : la nature demeura stérile jusqu’à ce que la grâce eût porté son fruit. Il fallait qu’elle naisse la première, celle qui devait enfanter le premier-né antérieur à toute créature, en qui tout subsiste. Joachim et Anne, heureux votre couple ! Toute la création est votre débitrice. C’est par vous, en effet, qu’elle a offert au Créateur le don supérieur à tous les dons, une mère toute sainte, seule digne de celui qui l’a créée.
Réjouis-toi, Anne, la stérile, toi qui n’enfantais pas ; éclate en cris de joie, toi qui n’as pas connu les douleurs. Réjouis-toi, Joachim : par ta fille un enfant nous est né, un fils nous a été donné. On proclame son nom : Messager du grand dessein de Dieu, qui est le salut de tout l’univers, Dieu fort. Oui, cet enfant est Dieu. Joachim et Anne, heureux votre couple, et parfaitement pur ! On vous a reconnus grâce à votre fruit, selon cette parole du Seigneur : Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Vous avez eu une conduite agréable à Dieu et digne d’elle que vous avez engendrée. À cause de votre vie chaste et sainte, vous avez produit le joyau de la virginité, celle qui devait être vierge avant l’enfantement, vierge en mettant au monde, vierge après la naissance ; la seule toujours Vierge d’esprit, d’âme et de corps.
Joachim et Anne, couple très chaste ! En observant la chasteté, cette loi de la nature, vous avez mérité ce qui dépasse la nature : vous avez engendré pour le monde celle qui sera, sans connaître d’époux, la Mère de Dieu. En menant une vie pieuse et sainte dans la nature humaine, vous avez engendré une fille supérieure aux anges, qui est maintenant la Souveraine des anges.
Enfant très gracieuse et très douce ! Fille d’Adam et Mère de Dieu ! Heureux ton père et ta mère ! Heureux les bras qui t’ont portée ! Heureuses les lèvres qui, seules, ont reçu tes chastes baisers pour que tu demeures toujours parfaitement vierge.
Acclamez Dieu, terre entière, sonnez, dansez, jouez. Élevez la voix, élevez-la, ne craignez pas !
Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Éditions du CERF
J’ai été bien peiné au sujet de Valens, qui avait été quelque temps presbytre chez vous, [de voir] qu’il méconnait à ce point la charge qui lui avait été donnée. Je vous avertis donc de vous abstenir de l’avarice et d’être chastes et vrais. Abstenez-vous de tout mal. Celui qui ne peut pas se diriger lui-même en ceci, comment peut-il y exhorter les autres? Si quelqu’un ne s’abstient pas de l’avarice, il se laissera souiller par l’idolâtrie, et sera compté parmi les païens qui « ignorent le jugement du Seigneur » (Jr. 5,4), ou « ignorons-nous que les saints jugeront le monde », comme l’enseigne Paul (1Co. 6,2) ? Pour moi, je n’ai rien remarqué ou entendu dire de tel à votre sujet, vous chez qui a travaillé le bienheureux Paul, vous qui êtes au commencement de sa lettre. C’est de vous en effet qu’il « se glorifie devant toutes les églises » (2Th. 1,4) qui, seules alors, connaissent Dieu, nous autres nous ne le connaissions pas encore. Ainsi donc, je suis bien peiné pour lui et pour son épouse; « veuille le Seigneur leur donner un vrai repentir » (2Tm. 2,25). Soyez donc très modérés vous aussi en ceci, et « ne les regardez pas comme des ennemis » (2Th. 3,15), mais rappelez-les comme des membres souffrants et égarés, pour sauver votre corps tout entier. Ce faisant, vous vous faites grandir vous-mêmes.
Homélies spirituelles, n° 51 (trad. Bellefontaine 1984, coll. Spi. Or. 40, p.367 rev.)
Je vous écris, frères bien-aimés, pour que vous sachiez que depuis le jour où Adam a été créé jusqu’à la fin du monde, le Malin fera la guerre aux saints sans se donner de repos (Ap 13,7)… Ils sont cependant peu nombreux, ceux qui se rendent comptent que le ravageur des âmes cohabite avec eux dans leur corps, tout près de l’âme. Ils sont dans la tribulation, et il n’y a personne sur terre pour les réconforter. C’est pourquoi, ils regardent vers le ciel et y placent leur attente, afin d’en recevoir quelque chose au-dedans d’eux-mêmes. Et par cette force, et grâce à cette armure de l’Esprit (Ep 6,13), ils vaincront. C’est du ciel, en effet, qu’ils reçoivent une force, qui demeure cachée aux yeux de la chair. Tant qu’ils chercheront Dieu de tout leur coeur, la force de Dieu vient secrètement à leur aide à tout moment… C’est précisément parce qu’ils touchent du doigt leur faiblesse, parce qu’ils sont incapables de vaincre, qu’ils sollicitent ardemment l’armure de Dieu, et ainsi revêtus de l’équipement de l’Esprit pour le combat (Ep 6,13), ils deviennent victorieux… Sachez donc, frères bien-aimés, qu’en tous ceux qui ont préparé leur âme à devenir une bonne terre pour la semence céleste, l’ennemi se hâte de semer son ivraie… Sachez aussi que ceux qui ne cherchent pas le Seigneur de tout leur coeur ne sont pas tentés par Satan de façon aussi évidente ; c’est plutôt en cachette plus par des ruses qu’il essaie…de les écarter loin de Dieu. Mais maintenant, frères, prenez courage et ne craignez rien. Ne vous laissez pas effrayer par des imaginations suscitées par l’ennemi. Dans la prière, ne vous livrez pas à une agitation confuse, en multipliant des cris déplacés, mais accueillez la grâce du Seigneur dans la contrition et le repentir… Prenez courage, réconfortez-vous, tenez bon, souciez-vous de vos âmes, persévérez avec zèle dans la prière… Car tous ceux qui cherchent Dieu en vérité recevront une force divine en leur âme, et en recevant cette onction céleste, tous ceux-là sentiront en eux-mêmes le goût et la douceur du monde à venir. Que la paix du Seigneur, celle qui a été avec tous les saints pères et les a gardés de toute tentation, demeure aussi avec vous.
La libération des captifs
En ce jour Jésus Christ est entré en conquérant dans les abîmes des enfers. En ce jour « il a brisé les portes d’airain, il a rompu les verrous de fer », comme le dit Isaïe (45,2). Remarquez ces expressions. Il ne dit pas qu’il « a ouvert » les portes d’airain, ni qu’il les a enlevées, mais qu’il les « a brisées », pour faire comprendre qu’il n’y a plus de prison, pour dire que Jésus a anéanti ce séjour des captifs. Une prison où il n’y a plus ni portes ni verrous ne peut plus retenir de prisonniers. Ces portes que le Christ a brisées, qui pourrait les rétablir ? Ces verrous qu’il a rompus, quel homme pourrait les remettre ?
Quand les princes de la terre relâchent des détenus en envoyant des lettres de grâce, ils laissent subsister les portes et les gardes de la prison, pour montrer à ceux qui sortent qu’ils peuvent y rentrer encore, eux ou d’autres. Le Christ n’agit pas de la sorte. En brisant les portes d’airain, il témoigne qu’il n’y a plus de captivité, plus de mort.
Pourquoi des portes « d’airain » ? Parce que la mort était impitoyable, inflexible, dure comme le diamant. Jamais pendant tous les siècles avant Jésus Christ, jamais aucun de ses captifs n’avait pu lui échapper, jusqu’au jour où le Souverain du ciel est descendu dans l’abîme pour lui arracher ses victimes.
Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF
Demeurez donc en ces sentiments, et suivez l’exemple du Seigneur, fermes et inébranlables dans la foi, aimant vos frères, vous aimant les uns les autres, unis dans la vérité , vous attendant les uns les autres dans la douceur du Seigneur, ne méprisant personne. Quand vous pouvez faire le bien, ne différez pas, car « l’aumône délivre de la mort » (Tb. 12,9). « Soyez tous soumis les uns les autres, gardant une conduite irréprochable parmi les païens, pour que vos bonnes œuvres » (1P. 2,12) vous attirent la louange, et que le Seigneur ne soit pas blasphémé à cause de vous. « Mais malheur à celui qui fait blasphémer le nom du Seigneur » (Is.52,5). Enseignez à tous la sagesse dans laquelle vous vivez vous-mêmes.
Les Exposés, n° 1 (trad. SC 349, p. 210 rev.)
« Les fondations, personne ne peut en poser d’autres que celles qui existent déjà : ces fondations, c’est Jésus Christ » (1Co 3,11)
Un roi ne demeure pas dans une maison qui est vide de tous biens ; il n’y habite pas. Mais toute une ornementation de maison est demandée par le roi, en sorte qu’il ne manque rien… Ainsi en est-il de l’homme qui est devenu une maison d’habitation pour le Christ-Messie : il pourvoit à ce qui convient au service du Messie qui habite en lui, aux choses qui lui plaisent.
En effet, il construit d’abord son édifice sur la pierre, c’est-à-dire le Messie lui-même. Sur cette pierre est posée la foi, et sur la foi s’élève tout l’édifice. Pour que la maison devienne sa demeure, on lui demande le jeûne pur, établi sur la foi. On lui demande la prière pure, reçue dans la foi. Il lui faut l’amour, monté sur la foi. Il lui faut aussi les aumônes, données avec foi. Qu’il demande l’humilité, aimée avec foi. Qu’il choisisse pour lui la virginité, chérie dans la foi. Qu’il amène chez lui la sainteté, plantée sur la foi. Qu’il médite aussi la sagesse, trouvée dans la foi. Qu’il demande aussi pour lui la condition d’étranger, profitable dans la foi. Il lui faudra la simplicité, mêlée à la foi. Qu’il demande encore la patience, qui est accomplie par la foi. Qu’il se rende perspicace par la douceur, qui est acquise par la foi. Qu’il aime la pénitence, qui apparaît à la foi. Qu’il demande aussi la pureté, gardée par la foi… Voilà les oeuvres demandées par le roi Messie, qui habite dans les hommes qui se construisent par de telles oeuvres. La foi en effet est composée de maintes choses et se pare de maintes couleurs, car elle est semblable à un édifice construit de matériaux multiples et son édifice s’élève jusqu’en haut…
Ainsi en est-il de notre foi : sa fondation est la vraie pierre, notre Seigneur Jésus le Messie… Cette fondation, c’est la base de tout l’édifice. Si quelqu’un accède à la foi, il est posé sur le roc, c’est-à-dire notre Seigneur Jésus le Messie. Et son édifice ne sera pas ébranlé par les flots, ni endommagé par les vents, il ne tombera pas dans les tempêtes, car cet édifice s’élève sur le roc, le vrai fondement.
Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF
Je vous exhorte donc tous à obéir à la parole de justice, et à persévérer dans la patience que vous avez vue de vos yeux, non seulement dans les bienheureux Ignace, Zosime et Rufus, mais aussi en d’autres qui étaient de chez vous, et en Paul lui-même et les autres Apôtres; persuadés que tous ceux-là n’ont pas couru en vain (Ga.1,2; Ph.2,16), mais bien dans la foi et la justice, et qu’ils sont dans le lieu qui leur était dû près du Seigneur avec qui ils ont souffert.
« Ils n’ont pas aimé le siècle présent » (cf. 2Tm.4,10), mais bien celui qui est mort pour nous, et que Dieu a ressuscité pour nous.
Homélies sur Saint Matthieu, n° 3
Si vous voulez être grand, n’en tirez pas orgueil comme le Pharisien de la parabole (Lc 18,9s), et alors vous serez vraiment grand. Croyez que vous êtes sans mérite, et alors vous en aurez. Le publicain, lui, s’est reconnu pécheur et ainsi il est devenu juste ; combien plus le juste qui se reconnaît pécheur verra-t-il sa justice et ses mérites s’agrandir ! Car l’humilité fait du pécheur un juste, puisqu’il reconnaît la vérité de sa vie ; et dans l’âme des justes l’humilité véritable agit encore plus puissamment.
Ne perdez donc pas par la vaine gloire le fruit que vous aurez gagné par vos travaux, le salaire de vos peines, la récompense des labeurs de votre vie. Dieu connaît mieux que vous-même le bien que vous faites. Un simple verre d’eau fraîche sera récompensé. Dieu agrée la plus petite aumône, ou si vous ne pouvez rien donner, même un soupir de compassion. Il accueille tout, se souviendra de tout pour vous le rendre au centuple.
Cessons donc de compter nos mérites et de les étaler au grand jour. Si nous chantons nos mérites, nous ne serons pas loués par Dieu. Gémissons plutôt sur notre misère, et Dieu nous élèvera aux yeux des autres. Il ne veut pas que le fruit de nos labeurs se perde. Dans son amour ardent il veut couronner nos plus petites actions ; il cherche toutes les occasions pour nous délivrer de la géhenne.
Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF
Soyons donc sans cesse fermement attachés à notre espérance et au gage de notre justice, le Christ Jésus, « qui a porté nos fautes en Son corps sur le bois » (cf. 1P. 2,24), « qui n’a pas commis de péché et on n’a pas trouvé de fausseté en Sa bouche » (1P. 2,22); mais pour nous, pour que nous vivions en Lui, Il a tout supporté.
Soyons donc les imitateurs de sa patience, et si nous souffrons pour Son nom, rendons-Lui gloire. C’est ce modèle qi’Il nous a présenté en Lui-même, et c’est cela que nous avons cru.
Que me fait la multitude de vos sacrifices, dit le Seigneur ? Les holocaustes de béliers, la graisse des veaux, j’en suis rassasié. Le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n’en veux plus.
Quand vous venez vous présenter devant moi, qui vous demande de fouler mes parvis ? Cessez d’apporter de vaines offrandes : l’encens, je l’ai en horreur ! Nouvelles lunes, sabbats, assemblées, je n’en puis plus des forfaits et des fêtes.
Vos nouvelles lunes et vos solennités, je les déteste. Elles me sont un fardeau et je suis las de les supporter. Quand vous étendez les mains, je me voile les yeux. Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang.
Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien : recherchez la justice, mettez au pas l’oppresseur, faites droit à l’orphelin, prenez la défense de la veuve. (…) Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine.
Le Pasteur (trad. coll. Icthus, v.1, p. 168)
Chasse de ton âme le doute, n’hésite jamais à adresser à Dieu ta prière, en te disant : « Comment pourrais-je prier, comment pourrais-je être exaucé, après avoir tant offensé Dieu ? » Ne raisonne pas ainsi ; mais tourne-toi de tout ton coeur vers le Seigneur, et prie-le avec une pleine confiance. Tu connaîtras alors l’étendue de sa miséricorde ; tu verras que, loin de t’abandonner, il comblera les désirs de ton coeur. Car Dieu n’est pas comme les hommes qui gardent le souvenir du mal ; chez lui, pas de ressentiment, mais une tendre compassion envers ses créatures. Purifie donc ton coeur de toutes les vanités du monde, du mal et du péché…, et prie le Seigneur. Tu obtiendras tout…, si ta prière est faite avec une entière confiance. Mais si le doute se glisse dans ton coeur, aucune de tes demandes ne sera exaucée. Ceux qui doutent de Dieu sont des âmes doubles ; ils n’obtiennent rien de ce qu’ils demandent… Quiconque doute, à moins de se convertir, sera difficilement exaucé et sauvé. Purifie donc ton âme du doute, revêts-toi de la foi, car elle est puissante, et crois fermement que Dieu exaucera toutes tes demandes. Et s’il arrive qu’il tarde un peu à exaucer ta prière, ne retombe pas dans le doute pour n’avoir pas obtenu tout de suite ce que tu demandes ; ce retard est pour te faire grandir dans la foi. Ne cesse donc pas de demander ce que tu désires… Garde-toi du doute : il est pernicieux et insensé, il déracine la foi chez beaucoup, même chez ceux qui étaient très fermes… La foi est forte et puissante ; elle promet tout et elle réussit en tout ; le doute, faute de confiance, échoue en tout.
Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF
« Quiconque, en effet, ne confesse pas que Jésus Christ est venu dans la chair, est un antéchrist » (cf. 1Jn. 4,2-3), et celui qui ne confesse pas le témoignage de la Croix est du diable, et celui qui détourne les dits du Seigneur selon ses propres désirs, et qui nie la Résurrection et le Jugement, est le premier-né de Satan. C’est pourquoi abandonnons les vains discours de la foule et les fausses doctrines, et revenons à l’enseignement qui nous a été transmis dès le commencement; restons sobres pour pouvoir prier (cf. 1P, 4,7), persévérons dans les jeûnes, suppliant dans nos prières le Dieu qui voit tout de ne pas nous laisser succomber à la tentation (Mt.6,1), car, le Seigneur l’a dit, « l’esprit est prompte, mais la chair est faible » (Mt. 26,41).
Contre les hérésies, IV, 14 (trad. SC 100, p. 537 rev.)
« Ainsi…il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés »
Au commencement ce n’était pas parce qu’il avait besoin de l’homme que Dieu a modelé Adam, mais pour avoir quelqu’un en qui déposer ses bienfaits. Car non seulement avant Adam, mais avant même la création, le Verbe glorifiait le Père, tout en demeurant en lui, et il était glorifié par le Père, comme il le dit lui-même : « Père, glorifie-moi de la gloire que j’avais auprès de toi avant le commencement du monde ». Ce n’était pas davantage parce qu’il avait besoin de notre service qu’il nous a commandé de le suivre, mais pour nous procurer le salut. Car suivre le Sauveur c’est avoir part au salut, comme suivre la lumière c’est avoir part à la lumière.
Lorsque des hommes sont dans la lumière, ce ne sont pas eux qui illuminent la lumière et la font resplendir, mais ils sont illuminés et rendus resplendissants par elle ; loin de lui apporter quoi que ce soit, ils bénéficient de la lumière et en sont illuminés. Ainsi en va-t-il du service envers Dieu ; notre service n’apporte rien à Dieu, car Dieu n’a pas besoin du service des hommes ; mais, à ceux qui le servent et qui le suivent, Dieu donne la vie, l’incorruptibilité et la gloire éternelle…
Si Dieu sollicite le service des hommes, c’est pour pouvoir, lui qui est bon et miséricordieux, accorder ses bienfaits à ceux qui persévèrent dans son service. Car, si Dieu n’a besoin de rien, l’homme a besoin de la communion de Dieu. La gloire de l’homme, c’est de persévérer dans le service de Dieu. C’est pourquoi le Seigneur disait à ses disciples : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis » (Jn 15,16). Il indiquait par là que ce n’étaient pas eux qui le glorifiaient en le suivant, mais que, pour avoir suivi le Fils de Dieu, ils étaient glorifiés par lui. « Père, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire » (Jn 17,24).
Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF
Les presbytres, eux aussi, doivent être compatissants, miséricordieux envers tous; qu’ils ramènent les égarés, qu’ils visitent les malades, sans négliger la veuve, l’orphelin, le pauvre; mais « qu’ils pensent toujours à faire le bien devant Dieu et devant les hommes » (Pr. 3,4; cf. Rm. 12,17; 2 Co. 8, 21); qu’ils s’abstiennent de toute colère, acception de personne, jugement injuste; qu’ils se tiennent éloignés de l’amour de l’argent, qu’ils ne croient pas trop vite du mal de quelqu’un et ne soient pas raides dans leurs jugements, sachant que nous sommes tous débiteurs du péché.
Si donc nous prions le Seigneur de nous pardonner, nous devons nous aussi pardonner; car nous sommes sous les yeux de notre Seigneur et Dieu et « il nous faudra tous comparaître devant le tribunal du Christ, et chacun aura à rendre compte de lui-même » (Rm. 14, 10-12).
Ainsi, servons-le avec crainte et en grand respect (cf. He. 12, 28), selon que lui-même nous l’a commandé, ainsi que les Apôtres qui nous ont prêché l’Evangile et les prophètes qui nous ont annoncé la venue du Seigneur; soyons zélés pour le bien, évitons les scandales, les faux frères, et ceux qui portent hypocritement le nom du Seigneur et qui égarent les têtes vides.
Contre les hérésies, III 1,1 ; 10,6
Après que notre Seigneur a été ressuscité d’entre les morts et que les apôtres ont été revêtus de la force d’en haut par la venue de l’Esprit Saint (Lc 24,49), ils ont été remplis de certitude au sujet de tout et ont eu la connaissance parfaite. Alors ils s’en allèrent jusqu’aux extrémités de la terre (Ps 18,5), proclamant la bonne nouvelle qui nous vient de Dieu, et annonçant aux hommes la paix du ciel, eux qui possédaient tous également et chacun en particulier l’Évangile de Dieu.
Ainsi Matthieu, chez les Hébreux, dans leur propre langue, a publié une forme écrite d’Evangile alors que Pierre et Paul évangélisaient Rome et y fondaient l’Église. Après leur mort, Marc, le disciple de Pierre et son interprète (1P 5,13), nous a transmis lui aussi par écrit la prédication de Pierre. De son côté Luc, le compagnon de Paul, a consigné en un livre l’Évangile prêché par celui-ci. Enfin, Jean le disciple du Seigneur, le même qui avait reposé sur sa poitrine, a publié lui aussi l’Évangile, pendant son séjour à Éphèse…
Marc, interprète et compagnon de Pierre, a présenté ainsi le début de sa rédaction de l’Évangile : « Commencement de l’Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu. Selon qu’il est écrit dans les prophètes : Voici que j’envoie mon messager devant toi pour préparer ton chemin »… On le voit, Marc fait des paroles des saints prophètes le commencement de l’Évangile, et celui que les prophètes ont proclamé Dieu et Seigneur, Marc le met en tête comme Père de notre Seigneur Jésus Christ… A la fin de son Évangile, Marc dit : « Et le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé aux cieux et s’assit à la droite de Dieu ». C’est la confirmation de la parole du prophète : « Oracle du Seigneur à mon maître : Siège à ma droite, tes ennemis j’en ferai ton marchepied » (Ps 109,1).
Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF
Le principe de tous les maux, c’est l’amour de l’argent (cf. 1Tm. 6,10). Sachant donc que « nous n’avons rien apporté dans le monde et que nous n’en pourrons non plus rien emporter » (1Tm. 6,7), armons-nous « des armes de la justice » (2Cor. 6,7), et apprenons d’abord nous-mêmes à marcher dans les commandements du Seigneur.
Sachant donc que « l’on ne se moque pas de Dieu » (Ga. 6,7), nous devons marcher d’une façon digne de ses commandements et de sa gloire.
Ecrits spirituels (trad. Bellefontaine 1971, p.41)
«Quand il viendra, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière»
Si tu veux prier en ton coeur et que tu n’en sois pas capable, contente-toi de dire la prière avec les lèvres, et tiens ton esprit attentif à ce que tu dis. Peu à peu, le Seigneur te donnera aussi la grâce de la prière intérieure, et tu sauras alors prier sans distraction. Ne cherche pas à réaliser la prière du coeur par des moyens techniques ; tu endommagerais ton coeur, et à la fin, tu ne prierais que des lèvres. Reconnais l’ordre de la vie spirituelle : Dieu accorde ses dons à l’âme humble et sincère. Sois obéissant, conserve la mesure en tout, dans la nourriture, dans la parole, en toute démarche. C’est alors que le Seigneur lui-même te donnera la grâce de la prière intérieure…
Le silence spirituel naît du désir d’accomplir le commandement du Christ : «Aime le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toutes tes forces» (Mc 12,33). Ce silence est suscité par la recherche du Dieu vivant, chez celui qui veut se libérer des tentations de ce monde pour trouver le Seigneur dans la plénitude de l’amour, pour vivre en sa présence dans la prière pure.
Seigneur, comment pourrais-je ne pas te chercher ? Tu t’es révélé à mon âme d’une façon si incroyable ! Tu l’as faite prisonnière de ton amour, elle ne peut pas t’oublier. Soudain, en effet, l’âme reconnaît le Seigneur dans l’Esprit Saint ; qui peut décrire cette joie et cette consolation ? Le Saint Esprit agit dans l’homme tout entier, dans l’intelligence, l’âme et le corps ; ainsi Dieu est-il reconnu sur la terre comme au ciel. Dans son infinie bonté, le Seigneur m’a accordé cette grâce, à moi qui suis pécheur, pour que les hommes Le connaissent et se tournent vers Lui.
Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF
Ce n’est pas de moi-même, frères, que je vous écris ceci sur la justice, mais c’est parce que vous m’y avez invité les premiers; car ni moi ni un autre tel que moi ne pouvons approcher de la sagesse du bienheureux et glorieux Paul, qui, étant parmi vous, parlant face à face aux hommes d’alors, enseigna avec exactitude et avec force la parole de vérité, et après son départ vous écrivit une lettre; si vous l’étudiez attentivement, vous pourrez vous élevez dans la Foi qui vous a été donnée:
La Foi est notre mère à tous, elle est suivie de l’Espérance et précédée de l’Amour pour Dieu et le Christ et pour le prochain. Celui qui demeure en ces vertus a accompli les commandements de la justice; car celui qui a la charité est loin de tout péché.




















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