Hymne 51 (SC 283, p. 319s)

«Les Ninivites se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas»

Ouvre, Seigneur, ouvre-moi la porte de Ta miséricorde avant le temps de mon départ (Mt 25,11). Car il me faut m’en aller, aller à Toi et me justifier de tout ce que je dis en paroles, accomplis en actes et pense en mon coeur. «Même la rumeur des murmures n’échappe pas à Ton oreille» (Sg 1,10). David Te crie dans son psaume : «Mes reins sont à toi ; dans Ton livre tout est écrit» (Ps 138,13.16). En y lisant les caractères de mes mauvaises actions, grave-les sur Ta croix, car c’est en elle que je me glorifie (Ga 6,14) en Te criant : «Ouvre-moi»…

Notre esprit s’est endurci au point que, quand nous avons entendu parler des calamités d’autrui, nous ne nous sommes corrigés en rien (Lc 13,1s). «Il n’en est pas un qui comprenne, pas un qui cherche; nous sommes dévoyés, nous sommes pervertis» (Ps 13,2-3). Les Ninivites, autrefois, se sont repentis sur un seul appel du prophète. Mais nous autres, nous n’avons compris ni appel ni menace. Par ses larmes, Ézéchias a mis en fuite les Assyriens en suscitant contre eux la justice d’en haut (2R 19). Or voici que les Assyriens… nous ont emmenés en captivité, et nous n’avons pas pleuré ni crié : «Ouvre-nous».

Très haut Seigneur, juge de tous, n’attends pas de nous que nous changions de conduite ; Tu n’as pas besoin de nos bonnes actions, car chacun de nous se voue aux actions mauvaises par la pensée et par la volonté. Puisqu’il en est ainsi, Sauveur, gouverne nos jours selon Ta volonté, sans attendre notre conversion, car elle ne viendra peut-être pas.

Et même si elle vient pour un peu de temps, elle ne persiste pas jusqu’au bout. Comme la semence tombée parmi les pierres, comme l’herbe sur les toits, avant de lever elle se dessèche (Mc 4,5; Ps 128,6). Déploie donc tes miséricordes sur nous et sur tous ceux qui crient : «Ouvre-nous».