Sermon 1 pour la Nativité de la Mère de Dieu ; PG 97, 812 (trad. Orval rev.)

La générescence du péché avait obscurci la beauté de notre noblesse d’origine. Mais lorsque naît la mère de la Beauté suprême, notre nature retrouve sa pureté et se voit façonnée selon le modèle parfait et digne de Dieu (Gn 1,26)… Tous, nous avions préféré le monde d’en bas à celui d’en haut. Il ne restait aucun espoir de salut ; l’état de notre nature appelait le ciel au secours… Enfin, en son bon plaisir, le divin artisan de l’univers a cidé de faire paraître un monde neuf, un autre monde, tout d’harmonie et de jeunesse.

Ne convenait-il pas qu’une vierge très pure et sans tache se mette d’abord au service de ce plan mystérieux ?… Et cette vierge, où la trouver, sinon en cette femme unique entre toutes, élue du créateur de l’univers avant toutes les générations ? Oui, c’est elle la Mère de Dieu, Marie au nom divin, dont le sein a donné le jour au Dieu incarné, et qu’il s’était lui-même préparée surnaturellement pour temple…

Ainsi donc, le dessein du Rédempteur de notre race était de produire une naissance et comme une création nouvelle pour remplacer le passé. C’est pourquoi, de même qu’au Paradis il avait puisé dans la terre vierge et sans tache un peu de limon pour en façonner le premier Adam (Gn 2,7), de même, au moment de réaliser sa propre incarnation, il s’est servi d’une autre terre, pour ainsi dire, à savoir de cette Vierge pure et immaculée, choisie parmi tous les êtres qu’il avait créés. C’est en elle qu’il nous a refaits à neuf à partir de notre substance même et qu’il est devenu un nouvel Adam (1Co 15,45), lui le Créateur d’Adam, afin que l’ancien soit sauvé par le nouveau et l’éternel.