You are currently browsing the category archive for the ‘Pères dans la Foi’ category.

Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Éditions du CERF

J’ai été bien peiné au sujet de Valens, qui avait été quelque temps presbytre chez vous, [de voir] qu’il méconnait à ce point la charge qui lui avait été donnée. Je vous avertis donc de vous abstenir de l’avarice et d’être chastes et vrais. Abstenez-vous de tout mal. Celui qui ne peut pas se diriger lui-même en ceci, comment peut-il y exhorter les autres? Si quelqu’un ne s’abstient pas de l’avarice, il se laissera souiller par l’idolâtrie, et sera compté parmi les païens qui « ignorent le jugement du Seigneur » (Jr. 5,4), ou « ignorons-nous que les saints jugeront le monde », comme l’enseigne Paul (1Co. 6,2) ? Pour moi, je n’ai rien remarqué ou entendu dire de tel à votre sujet, vous chez qui a travaillé le bienheureux Paul, vous qui êtes au commencement de sa lettre. C’est de vous en effet qu’il « se glorifie devant toutes les églises » (2Th. 1,4) qui, seules alors, connaissent Dieu, nous autres nous ne le connaissions pas encore. Ainsi donc, je suis bien peiné pour lui et pour son épouse; « veuille le Seigneur leur donner un vrai repentir » (2Tm. 2,25). Soyez donc très modérés vous aussi en ceci, et « ne les regardez pas comme des ennemis » (2Th. 3,15), mais rappelez-les comme des membres souffrants et égarés, pour sauver votre corps tout entier. Ce faisant, vous vous faites grandir vous-mêmes.

Homélies spirituelles, n° 51 (trad. Bellefontaine 1984, coll. Spi. Or. 40, p.367 rev.)

Je vous écris, frères bien-aimés, pour que vous sachiez que depuis le jour où Adam a été créé jusqu’à la fin du monde, le Malin fera la guerre aux saints sans se donner de repos (Ap 13,7)… Ils sont cependant peu nombreux, ceux qui se rendent comptent que le ravageur des âmes cohabite avec eux dans leur corps, tout près de l’âme. Ils sont dans la tribulation, et il n’y a personne sur terre pour les réconforter. C’est pourquoi, ils regardent vers le ciel et y placent leur attente, afin d’en recevoir quelque chose au-dedans d’eux-mêmes. Et par cette force, et grâce à cette armure de l’Esprit (Ep 6,13), ils vaincront. C’est du ciel, en effet, qu’ils reçoivent une force, qui demeure cachée aux yeux de la chair. Tant qu’ils chercheront Dieu de tout leur coeur, la force de Dieu vient secrètement à leur aide à tout moment… C’est précisément parce qu’ils touchent du doigt leur faiblesse, parce qu’ils sont incapables de vaincre, qu’ils sollicitent ardemment l’armure de Dieu, et ainsi revêtus de l’équipement de l’Esprit pour le combat (Ep 6,13), ils deviennent victorieux… Sachez donc, frères bien-aimés, qu’en tous ceux qui ont préparé leur âme à devenir une bonne terre pour la semence céleste, l’ennemi se hâte de semer son ivraie… Sachez aussi que ceux qui ne cherchent pas le Seigneur de tout leur coeur ne sont pas tentés par Satan de façon aussi évidente ; c’est plutôt en cachette plus par des ruses qu’il essaie…de les écarter loin de Dieu. Mais maintenant, frères, prenez courage et ne craignez rien. Ne vous laissez pas effrayer par des imaginations suscitées par l’ennemi. Dans la prière, ne vous livrez pas à une agitation confuse, en multipliant des cris déplacés, mais accueillez la grâce du Seigneur dans la contrition et le repentir… Prenez courage, réconfortez-vous, tenez bon, souciez-vous de vos âmes, persévérez avec zèle dans la prière… Car tous ceux qui cherchent Dieu en vérité recevront une force divine en leur âme, et en recevant cette onction céleste, tous ceux-là sentiront en eux-mêmes le goût et la douceur du monde à venir. Que la paix du Seigneur, celle qui a été avec tous les saints pères et les a gardés de toute tentation, demeure aussi avec vous.

La libération des captifs

En ce jour Jésus Christ est entré en conquérant dans les abîmes des enfers. En ce jour « il a brisé les portes d’airain, il a rompu les verrous de fer », comme le dit Isaïe (45,2). Remarquez ces expressions. Il ne dit pas qu’il « a ouvert » les portes d’airain, ni qu’il les a enlevées, mais qu’il les « a brisées », pour faire comprendre qu’il n’y a plus de prison, pour dire que Jésus a anéanti ce séjour des captifs. Une prison où il n’y a plus ni portes ni verrous ne peut plus retenir de prisonniers. Ces portes que le Christ a brisées, qui pourrait les rétablir ? Ces verrous qu’il a rompus, quel homme pourrait les remettre ?

Quand les princes de la terre relâchent des détenus en envoyant des lettres de grâce, ils laissent subsister les portes et les gardes de la prison, pour montrer à ceux qui sortent qu’ils peuvent y rentrer encore, eux ou d’autres. Le Christ n’agit pas de la sorte. En brisant les portes d’airain, il témoigne qu’il n’y a plus de captivité, plus de mort.

Pourquoi des portes « d’airain » ? Parce que la mort était impitoyable, inflexible, dure comme le diamant. Jamais pendant tous les siècles avant Jésus Christ, jamais aucun de ses captifs n’avait pu lui échapper, jusqu’au jour où le Souverain du ciel est descendu dans l’abîme pour lui arracher ses victimes.

Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF

Demeurez donc en ces sentiments, et suivez l’exemple du Seigneur, fermes et inébranlables dans la foi, aimant vos frères, vous aimant les uns les autres, unis dans la vérité , vous attendant les uns les autres dans la douceur du Seigneur, ne méprisant personne. Quand vous pouvez faire le bien, ne différez pas, car « l’aumône délivre de la mort » (Tb. 12,9). « Soyez tous soumis les uns les autres, gardant une conduite irréprochable parmi les païens, pour que vos bonnes œuvres » (1P. 2,12) vous attirent la louange, et que le Seigneur ne soit pas blasphémé à cause de vous. « Mais malheur à celui qui fait blasphémer le nom du Seigneur » (Is.52,5). Enseignez à tous la sagesse dans laquelle vous vivez vous-mêmes.

Les Exposés, n° 1 (trad. SC 349, p. 210 rev.)

« Les fondations, personne ne peut en poser d’autres que celles qui existent déjà : ces fondations, c’est Jésus Christ » (1Co 3,11)

Un roi ne demeure pas dans une maison qui est vide de tous biens ; il n’y habite pas. Mais toute une ornementation de maison est demandée par le roi, en sorte qu’il ne manque rien… Ainsi en est-il de l’homme qui est devenu une maison d’habitation pour le Christ-Messie : il pourvoit à ce qui convient au service du Messie qui habite en lui, aux choses qui lui plaisent.

En effet, il construit d’abord son édifice sur la pierre, c’est-à-dire le Messie lui-même. Sur cette pierre est posée la foi, et sur la foi s’élève tout l’édifice. Pour que la maison devienne sa demeure, on lui demande le jeûne pur, établi sur la foi. On lui demande la prière pure, reçue dans la foi. Il lui faut l’amour, monté sur la foi. Il lui faut aussi les aumônes, données avec foi. Qu’il demande l’humilité, aimée avec foi. Qu’il choisisse pour lui la virginité, chérie dans la foi. Qu’il amène chez lui la sainteté, plantée sur la foi. Qu’il médite aussi la sagesse, trouvée dans la foi. Qu’il demande aussi pour lui la condition d’étranger, profitable dans la foi. Il lui faudra la simplicité, mêlée à la foi. Qu’il demande encore la patience, qui est accomplie par la foi. Qu’il se rende perspicace par la douceur, qui est acquise par la foi. Qu’il aime la pénitence, qui apparaît à la foi. Qu’il demande aussi la pureté, gardée par la foi… Voilà les oeuvres demandées par le roi Messie, qui habite dans les hommes qui se construisent par de telles oeuvres. La foi en effet est composée de maintes choses et se pare de maintes couleurs, car elle est semblable à un édifice construit de matériaux multiples et son édifice s’élève jusqu’en haut…

Ainsi en est-il de notre foi : sa fondation est la vraie pierre, notre Seigneur Jésus le Messie… Cette fondation, c’est la base de tout l’édifice. Si quelqu’un accède à la foi, il est posé sur le roc, c’est-à-dire notre Seigneur Jésus le Messie. Et son édifice ne sera pas ébranlé par les flots, ni endommagé par les vents, il ne tombera pas dans les tempêtes, car cet édifice s’élève sur le roc, le vrai fondement.

Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF

Je vous exhorte donc tous à obéir à la parole de justice, et à persévérer dans la patience que vous avez vue de vos yeux, non seulement dans les bienheureux Ignace, Zosime et Rufus, mais aussi en d’autres qui étaient de chez vous, et en Paul lui-même et les autres Apôtres; persuadés que tous ceux-là n’ont pas couru en vain (Ga.1,2; Ph.2,16), mais bien dans la foi et la justice, et qu’ils sont dans le lieu qui leur était dû près du Seigneur avec qui ils ont souffert.

« Ils n’ont pas aimé le siècle présent » (cf. 2Tm.4,10), mais bien celui qui est mort pour nous, et que Dieu a ressuscité pour nous.

Homélies sur Saint Matthieu, n° 3

Si vous voulez être grand, n’en tirez pas orgueil comme le Pharisien de la parabole (Lc 18,9s), et alors vous serez vraiment grand. Croyez que vous êtes sans mérite, et alors vous en aurez. Le publicain, lui, s’est reconnu pécheur et ainsi il est devenu juste ; combien plus le juste qui se reconnaît pécheur verra-t-il sa justice et ses mérites s’agrandir ! Car l’humilité fait du pécheur un juste, puisqu’il reconnaît la vérité de sa vie ; et dans l’âme des justes l’humilité véritable agit encore plus puissamment.

Ne perdez donc pas par la vaine gloire le fruit que vous aurez gagné par vos travaux, le salaire de vos peines, la récompense des labeurs de votre vie. Dieu connaît mieux que vous-même le bien que vous faites. Un simple verre d’eau fraîche sera récompensé. Dieu agrée la plus petite aumône, ou si vous ne pouvez rien donner, même un soupir de compassion. Il accueille tout, se souviendra de tout pour vous le rendre au centuple.

Cessons donc de compter nos mérites et de les étaler au grand jour. Si nous chantons nos mérites, nous ne serons pas loués par Dieu. Gémissons plutôt sur notre misère, et Dieu nous élèvera aux yeux des autres. Il ne veut pas que le fruit de nos labeurs se perde. Dans son amour ardent il veut couronner nos plus petites actions ; il cherche toutes les occasions pour nous délivrer de la géhenne.

Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF

Soyons donc sans cesse fermement attachés à notre espérance et au gage de notre justice, le Christ Jésus, « qui a porté nos fautes en Son corps sur le bois » (cf. 1P. 2,24), « qui n’a pas commis de péché et on n’a pas trouvé de fausseté en Sa bouche » (1P. 2,22); mais pour nous, pour que nous vivions en Lui, Il a tout supporté.

Soyons donc les imitateurs de sa patience, et si nous souffrons pour Son nom, rendons-Lui gloire. C’est ce modèle qi’Il nous a présenté en Lui-même, et c’est cela que nous avons cru.

Que me fait la multitude de vos sacrifices, dit le Seigneur ? Les holocaustes de béliers, la graisse des veaux, j’en suis rassasié. Le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n’en veux plus.
Quand vous venez vous présenter devant moi, qui vous demande de fouler mes parvis ? Cessez d’apporter de vaines offrandes : l’encens, je l’ai en horreur ! Nouvelles lunes, sabbats, assemblées, je n’en puis plus des forfaits et des fêtes.
Vos nouvelles lunes et vos solennités, je les déteste. Elles me sont un fardeau et je suis las de les supporter. Quand vous étendez les mains, je me voile les yeux. Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang.
Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien : recherchez la justice, mettez au pas l’oppresseur, faites droit à l’orphelin, prenez la défense de la veuve. (…) Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine.

Le Pasteur (trad. coll. Icthus, v.1, p. 168)

Chasse de ton âme le doute, n’hésite jamais à adresser à Dieu ta prière, en te disant : « Comment pourrais-je prier, comment pourrais-je être exaucé, après avoir tant offensé Dieu ? » Ne raisonne pas ainsi ; mais tourne-toi de tout ton coeur vers le Seigneur, et prie-le avec une pleine confiance. Tu connaîtras alors l’étendue de sa miséricorde ; tu verras que, loin de t’abandonner, il comblera les désirs de ton coeur. Car Dieu n’est pas comme les hommes qui gardent le souvenir du mal ; chez lui, pas de ressentiment, mais une tendre compassion envers ses créatures. Purifie donc ton coeur de toutes les vanités du monde, du mal et du péché…, et prie le Seigneur. Tu obtiendras tout…, si ta prière est faite avec une entière confiance. Mais si le doute se glisse dans ton coeur, aucune de tes demandes ne sera exaucée. Ceux qui doutent de Dieu sont des âmes doubles ; ils n’obtiennent rien de ce qu’ils demandent… Quiconque doute, à moins de se convertir, sera difficilement exaucé et sauvé. Purifie donc ton âme du doute, revêts-toi de la foi, car elle est puissante, et crois fermement que Dieu exaucera toutes tes demandes. Et s’il arrive qu’il tarde un peu à exaucer ta prière, ne retombe pas dans le doute pour n’avoir pas obtenu tout de suite ce que tu demandes ; ce retard est pour te faire grandir dans la foi. Ne cesse donc pas de demander ce que tu désires… Garde-toi du doute : il est pernicieux et insensé, il déracine la foi chez beaucoup, même chez ceux qui étaient très fermes… La foi est forte et puissante ; elle promet tout et elle réussit en tout ; le doute, faute de confiance, échoue en tout.

Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF

« Quiconque, en effet, ne confesse pas que Jésus Christ est venu dans la chair, est un antéchrist » (cf. 1Jn. 4,2-3), et celui qui ne confesse pas le témoignage de la Croix est du diable, et celui qui détourne les dits du Seigneur selon ses propres désirs, et qui nie la Résurrection et le Jugement, est le premier-né de Satan. C’est pourquoi abandonnons les vains discours de la foule et les fausses doctrines, et revenons à l’enseignement qui nous a été transmis dès le commencement; restons sobres pour pouvoir prier (cf. 1P, 4,7), persévérons dans les jeûnes, suppliant dans nos prières le Dieu qui voit tout de ne pas nous laisser succomber à la tentation (Mt.6,1), car, le Seigneur l’a dit, « l’esprit est prompte, mais la chair est faible » (Mt. 26,41).

Contre les hérésies, IV, 14 (trad. SC 100, p. 537 rev.)

« Ainsi…il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés »

Au commencement ce n’était pas parce qu’il avait besoin de l’homme que Dieu a modelé Adam, mais pour avoir quelqu’un en qui déposer ses bienfaits. Car non seulement avant Adam, mais avant même la création, le Verbe glorifiait le Père, tout en demeurant en lui, et il était glorifié par le Père, comme il le dit lui-même : « Père, glorifie-moi de la gloire que j’avais auprès de toi avant le commencement du monde ». Ce n’était pas davantage parce qu’il avait besoin de notre service qu’il nous a commandé de le suivre, mais pour nous procurer le salut. Car suivre le Sauveur c’est avoir part au salut, comme suivre la lumière c’est avoir part à la lumière.

Lorsque des hommes sont dans la lumière, ce ne sont pas eux qui illuminent la lumière et la font resplendir, mais ils sont illuminés et rendus resplendissants par elle ; loin de lui apporter quoi que ce soit, ils bénéficient de la lumière et en sont illuminés. Ainsi en va-t-il du service envers Dieu ; notre service n’apporte rien à Dieu, car Dieu n’a pas besoin du service des hommes ; mais, à ceux qui le servent et qui le suivent, Dieu donne la vie, l’incorruptibilité et la gloire éternelle…

Si Dieu sollicite le service des hommes, c’est pour pouvoir, lui qui est bon et miséricordieux, accorder ses bienfaits à ceux qui persévèrent dans son service. Car, si Dieu n’a besoin de rien, l’homme a besoin de la communion de Dieu. La gloire de l’homme, c’est de persévérer dans le service de Dieu. C’est pourquoi le Seigneur disait à ses disciples : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis » (Jn 15,16). Il indiquait par là que ce n’étaient pas eux qui le glorifiaient en le suivant, mais que, pour avoir suivi le Fils de Dieu, ils étaient glorifiés par lui. « Père, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire » (Jn 17,24).

Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF

Les presbytres, eux aussi, doivent être compatissants, miséricordieux envers tous; qu’ils ramènent les égarés, qu’ils visitent les malades, sans négliger la veuve, l’orphelin, le pauvre; mais « qu’ils pensent toujours à faire le bien devant Dieu et devant les hommes » (Pr. 3,4; cf. Rm. 12,17; 2 Co. 8, 21); qu’ils s’abstiennent de toute colère, acception de personne, jugement injuste; qu’ils se tiennent éloignés de l’amour de l’argent, qu’ils ne croient pas trop vite du mal de quelqu’un et ne soient pas raides dans leurs jugements, sachant que nous sommes tous débiteurs du péché.

Si donc nous prions le Seigneur de nous pardonner, nous devons nous aussi pardonner; car nous sommes sous les yeux de notre Seigneur et Dieu et « il nous faudra tous comparaître devant le tribunal du Christ, et chacun aura à rendre compte de lui-même » (Rm. 14, 10-12).

Ainsi, servons-le avec crainte et en grand respect (cf. He. 12, 28), selon que lui-même nous l’a commandé, ainsi que les Apôtres qui nous ont prêché l’Evangile et les prophètes qui nous ont annoncé la venue du Seigneur; soyons zélés pour le bien, évitons les scandales, les faux frères, et ceux qui portent hypocritement le nom du Seigneur et qui égarent les têtes vides.

Contre les hérésies, III 1,1 ; 10,6

Après que notre Seigneur a été ressuscité d’entre les morts et que les apôtres ont été revêtus de la force d’en haut par la venue de l’Esprit Saint (Lc 24,49), ils ont été remplis de certitude au sujet de tout et ont eu la connaissance parfaite. Alors ils s’en allèrent jusqu’aux extrémités de la terre (Ps 18,5), proclamant la bonne nouvelle qui nous vient de Dieu, et annonçant aux hommes la paix du ciel, eux qui possédaient tous également et chacun en particulier l’Évangile de Dieu.

Ainsi Matthieu, chez les Hébreux, dans leur propre langue, a publié une forme écrite d’Evangile alors que Pierre et Paul évangélisaient Rome et y fondaient l’Église. Après leur mort, Marc, le disciple de Pierre et son interprète (1P 5,13), nous a transmis lui aussi par écrit la prédication de Pierre. De son côté Luc, le compagnon de Paul, a consigné en un livre l’Évangile prêché par celui-ci. Enfin, Jean le disciple du Seigneur, le même qui avait reposé sur sa poitrine, a publié lui aussi l’Évangile, pendant son séjour à Éphèse…

Marc, interprète et compagnon de Pierre, a présenté ainsi le début de sa rédaction de l’Évangile : « Commencement de l’Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu. Selon qu’il est écrit dans les prophètes : Voici que j’envoie mon messager devant toi pour préparer ton chemin »… On le voit, Marc fait des paroles des saints prophètes le commencement de l’Évangile, et celui que les prophètes ont proclamé Dieu et Seigneur, Marc le met en tête comme Père de notre Seigneur Jésus Christ… A la fin de son Évangile, Marc dit : « Et le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé aux cieux et s’assit à la droite de Dieu ». C’est la confirmation de la parole du prophète : « Oracle du Seigneur à mon maître : Siège à ma droite, tes ennemis j’en ferai ton marchepied » (Ps 109,1).

Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF

Le principe de tous les maux, c’est l’amour de l’argent (cf. 1Tm. 6,10). Sachant donc que « nous n’avons rien apporté dans le monde et que nous n’en pourrons non plus rien emporter » (1Tm. 6,7), armons-nous « des armes de la justice » (2Cor. 6,7), et apprenons d’abord nous-mêmes à marcher dans les commandements du Seigneur.

Sachant donc que « l’on ne se moque pas de Dieu » (Ga. 6,7), nous devons marcher d’une façon digne de ses commandements et de sa gloire.

Ecrits spirituels (trad. Bellefontaine 1971, p.41)

«Quand il viendra, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière»

Si tu veux prier en ton coeur et que tu n’en sois pas capable, contente-toi de dire la prière avec les lèvres, et tiens ton esprit attentif à ce que tu dis. Peu à peu, le Seigneur te donnera aussi la grâce de la prière intérieure, et tu sauras alors prier sans distraction. Ne cherche pas à réaliser la prière du coeur par des moyens techniques ; tu endommagerais ton coeur, et à la fin, tu ne prierais que des lèvres. Reconnais l’ordre de la vie spirituelle : Dieu accorde ses dons à l’âme humble et sincère. Sois obéissant, conserve la mesure en tout, dans la nourriture, dans la parole, en toute démarche. C’est alors que le Seigneur lui-même te donnera la grâce de la prière intérieure…

Le silence spirituel naît du désir d’accomplir le commandement du Christ : «Aime le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toutes tes forces» (Mc 12,33). Ce silence est suscité par la recherche du Dieu vivant, chez celui qui veut se libérer des tentations de ce monde pour trouver le Seigneur dans la plénitude de l’amour, pour vivre en sa présence dans la prière pure.

Seigneur, comment pourrais-je ne pas te chercher ? Tu t’es révélé à mon âme d’une façon si incroyable ! Tu l’as faite prisonnière de ton amour, elle ne peut pas t’oublier. Soudain, en effet, l’âme reconnaît le Seigneur dans l’Esprit Saint ; qui peut décrire cette joie et cette consolation ? Le Saint Esprit agit dans l’homme tout entier, dans l’intelligence, l’âme et le corps ; ainsi Dieu est-il reconnu sur la terre comme au ciel. Dans son infinie bonté, le Seigneur m’a accordé cette grâce, à moi qui suis pécheur, pour que les hommes Le connaissent et se tournent vers Lui.

Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF

Ce n’est pas de moi-même, frères, que je vous écris ceci sur la justice, mais c’est parce que vous m’y avez invité les premiers; car ni moi ni un autre tel que moi ne pouvons approcher de la sagesse du bienheureux et glorieux Paul, qui, étant parmi vous, parlant face à face aux hommes d’alors, enseigna avec exactitude et avec force la parole de vérité, et après son départ vous écrivit une lettre; si vous l’étudiez attentivement, vous pourrez vous élevez dans la Foi qui vous a été donnée:

La Foi est notre mère à tous, elle est suivie de l’Espérance et précédée de l’Amour pour Dieu et le Christ et pour le prochain. Celui qui demeure en ces vertus a accompli les commandements de la justice; car celui qui a la charité est loin de tout péché.

La Trinité, 2, 31-35 (trad. cf DDB 1981, t.1, p. 88s et Bouchet, Lectionnaire, p. 221)

« Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité »

« Dieu est esprit » dit le Seigneur à la Samaritaine…; puisque Dieu est invisible, incompréhensible et infini, ce n’est ni sur une montagne, ni dans un temple que Dieu doit être adoré (Jn 4,21-24). « Dieu est esprit » et un esprit ne peut pas être circonscrit, ni tenu en main ; par la puissance de sa nature, il est partout et n’est absent d’aucun lieu ; par tout lui-même il surabonde en toutes choses. C’est pourquoi il faut adorer dans l’Esprit Saint le Dieu qui est esprit…

L’apôtre Paul ne dit pas autre chose quand il écrit : « Le Seigneur est esprit, et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2Co 3,17)… Que cessent donc les argumentations de ceux qui refusent l’Esprit. L’Esprit Saint est un, partout répandu, illuminant tous les patriarches, les prophètes et tout le choeur de ceux qui ont participé à la rédaction de la Loi. Il a inspiré Jean le Baptiste dès le sein de sa mère ; il a été répandu enfin sur les apôtres et tous les croyants pour qu’ils connaissent la vérité qui leur est donnée par grâce.

Quelle est en nous l’action de l’Esprit ? Écoutons les paroles du Seigneur lui-même : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous n’avez pas la force de les porter maintenant. Il vous est bon que je m’en aille, car si je m’en vais, je vous enverrai un défenseur…, l’Esprit de vérité qui vous conduira à la vérité tout entière » (Jn 16,7-13)… En ces mots nous sont révélés la volonté du donateur, ainsi que la nature et le rôle de celui qu’il nous donne. Car notre faiblesse ne nous permet pas de connaître ni le Père ni le Fils ; le mystère de l’incarnation de Dieu est difficile à comprendre. Le don de l’Esprit Saint, qui se fait notre allié par son intercession, nous illumine…

Or ce don unique qui est dans le Christ est offert en plénitude à tous. Il ne manque nulle part, mais il est donné à chacun pour autant qu’il veut le recevoir. Cet Esprit Saint demeure avec nous jusqu’à la consommation des temps, il est notre consolation dans l’attente, il est le gage des biens de l’espérance à venir, il est la lumière de nos esprits, il est la splendeur de nos âmes.

Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Éditions du CERF

« Aussi, ceignez vos reins et servez Dieu dans la crainte » (1P.1,13; Ps.2,11) et la vérité, laissant de côté les bavardages vides, et l’erreur de la foule, « croyant en celui qui a ressuscité notre Seigneur Jésus-Christ d’entre les morts, et lui a donné la gloire » (1P.1,21) et un trône à sa droite. « A lui tout est soumis, au ciel et sur la terre » (cf. Ph.2,10; 3,21); à lui obéit tout ce qui respire, il viendra « juger les vivants et les morts » (Ac. 10,42), et Dieu demandera compte de son sang à ceux qui refusent de croire en lui. « Celui qui l’a ressuscité » d’entre les morts, « nous ressuscitera aussi » (2Co. 4,14), si nous faisons sa volonté et si nous marchons selon ses commandements, et si nous aimons ce qu’il a aimé, nous abstenant de toute injustice, cupidité, amour de l’argent, médisance, faux témoignage, « ne rendant pas mal pour mal, malédiction pour malédiction, nous souvenant des enseignements du Seigneur qui dit: « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés; pardonnez, et l’on vous pardonnera; faites miséricorde pour recevoir miséricorde; la mesure avec laquelle vous mesurerez servira aussi pour vous » (cf. Mt. 5,3 & 5,10; Lc. 6,36-38), et « bienheureux les pauvres et ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume de Dieu est à eux » (Mt. 5,3 & 5,10; Lc. 6,20)

Hymne sur la Trinité (trad. Bellefontaine 1991, coll. SO 50, p.334)

« Un seul Dieu, un seul Seigneur, dans la trinité des personnes et l’unité de leur nature » (Préface)

Refrain : Que soit béni celui qui t’envoie !

Prends donc comme symboles le soleil pour le Père; pour le Fils, la lumière, et pour le Saint Esprit, la chaleur. Bien qu’il soit un seul être, c’est une trinité que l’on perçoit en lui. Saisir l’inexplicable, qui le peut ?

Cet unique est multiple : un est formé de trois, et trois ne forment qu’un, grand mystère et merveille manifeste ! Le soleil est distinct de son rayonnement bien qu’il lui soit uni ; son rayon est aussi le soleil.

Mais personne ne parle pourtant de deux soleils, même si le rayon est aussi le soleil ici-bas. Pas plus nous ne disons qu’il y aurait deux Dieux. Dieu, Notre Seigneur l’est ; au-dessus du créé, lui aussi.

Qui peut montrer comment et où est attaché le rayon du soleil, ainsi que sa chaleur, bien que libres ? Ils sont ni séparés ni confondus, unis, quoique distincts, libres, mais attachés, ô merveille !

Qui peut, en les scrutant, avoir prise sur eux ? Pourtant ne sont-ils pas apparemment si simples, si faciles ?…

Tandis que le soleil demeure tout là-haut, sa clarté, son ardeur sont, pour ceux d’ici-bas, un clair symbole. Oui, son rayonnement est descendu sur terre et demeure en nos yeux comme s’il revêtait notre chair.

Quand se ferment les yeux à l’instant du sommeil, tel des morts, il les quitte, eux qui seront ensuite réveillés. Et comment la lumière entre-t-elle dans l’oeil, nul ne peut le comprendre. Ainsi, Notre Seigneur dans le sein…

Ainsi, notre Sauveur a revêtu un corps dans toute sa faiblesse, pour venir sanctifier l’univers. Mais, lorsque le rayon remonte vers sa source, il n’a jamais été séparé de celui qui l’engendre. Il laisse sa chaleur pour ceux qui sont en-bas, comme Notre Seigneur a laissé l’Esprit Saint aux disciples.

Regarde ces images dans le monde créé, et ne vas pas douter quant aux Trois, car sinon tu te perds ! Ce qui était obscur, je te l’ai rendu clair: comment les trois font un, trinité qui ne forme qu’une essence !

Refrain : Que soit béni celui qui t’envoie !

Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF

Polycarpe et les presbytres qui sont avec lui à l’Eglise de Dieu qui séjourne « comme une étrangère » à Philippes; que la miséricorde et la paix vous soient données en plénitude par le Dieu tout puissant et Jésus Christ notre Sauveur.

J’ai pris grande part à votre joie, en notre Seigneur Jésus Christ, quand vous avez reçu les images de la véritable charité (saint Ignace et ses compagnons), et que vous avez escorté, comme il vous convenait de le faire, ceux qui étaient enchaînés de ces liens dignes des saints, qui sont les diadèmes de ceux qui ont été vraiment choisis par Dieu et notre Seigneur. Et je me réjouis de ce que la racine vigoureuse de votre Foi, dont on parle depuis les temps anciens, subsiste jusqu’à maintenant et porte des fruits en Notre Seigneur Jésus Christ, qui a accepté pour nos péchés d’aller au-devant de la mort; « Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de l’enfer » (Ac. 2,24); « sans Le voir, vous croyez en Lui, avec une joie ineffable et glorieuse » (1P.1,8) à laquelle beaucoup désirent parvenir, et vous savez que « c’est par grâce que vous êtes sauvés, non par vos œuvres » (Ep. 2,5 & 8-9), mais par le bon vouloir de Dieu par Jésus Christ.

Nous vous proposons ici d’écouter et/ou de télécharger l’émission radiodiffusée le 29 mai 2008 sur les ondes de la Radio Chrétienne de France – RCF Côte d’Azur. Le Père Marcel Sarkis, recteur de la paroisse antiochienne Saint Ignace le Théophore à Nice, reprend dans cette émission la suite de la conférence qu’il a donnée lors de la rencontre organisée par la paroisse russe Saint Nicolas (6, rue longchamp) le lundi 11 janvier 2008.

Nous vous rappelons de même, que vous avez la possibilité de télécharger le texte de “la Vie et du Martyr du Saint Prêtre Yussif de Damas” en cliquant sur le lien: “Bulletin n° 8″.

Ecrits spirituels (trad. Bellefontaine 1971, p.51)

« Je vous ai dit tout cela pour que vous trouviez en moi la paix »

N’est-ce pas le Seigneur lui-même qui a dit : « Le Royaume de Dieu est en vous » (Lc 17,21) ? C’est maintenant que commence la vie éternelle… Je vous en prie, mes frères, faites-en la preuve ! Si quelqu’un vous offense, vous calomnie, vous enlève ce qui vous appartient, et même s’il est un persécuteur de la sainte Eglise, priez Dieu et dites : « Seigneur, nous sommes tous tes créatures, aie pitié de tes serviteurs et amène leur coeur à la pénitence ». Alors tu sentiras la grâce dans ton âme. Certes, au début, tu dois faire un effort pour aimer tes ennemis ; mais le Seigneur, voyant ta bonne volonté t’aidera en toutes choses et l’expérience elle-même t’indiquera le chemin. Par contre, celui qui médite de mauvaises choses contre ses ennemis ne peut pas posséder l’amour et donc connaître Dieu.

N’être jamais violent avec son frère ; ne le juger jamais ; convaincre dans la douceur et l’amour. L’orgueil et la dureté enlèvent la paix. Aime donc celui qui ne t’aime pas et prie pour lui ; ainsi la paix ne sera point troublée.

Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Editions du CERF

Puisque je n’ai pu écrire à toutes les églises à cause de mon départ précipité de Troas pour Néapolis, comme l’ordonne la volonté de Dieu, tu écriras à toutes les églises d’Orient, toi qui possèdes la pensée de Dieu, pour qu’elles aussi fassent la même chose: ceux qui le pourront enverront des messagers à pieds, les autres des lettres par ceux que tu auras envoyés; ainsi vous serez glorifiés pour une œuvre éternelle, comme tu en es digne.

Je vous salue tous par votre nom, et l’épouse d’Epitropos avec toute sa maison et celle de ses enfants. Je salue Attale mon bien-aimé. Je salue celui qui sera jugé digne de partir pour la Syrie. La grâce sera sans cesse avec lui et avec Polycarpe qui l’envoie. Je souhaite que vous vous portiez toujours bien en notre Dieu Jésus Christ; puissiez-vous en Lui demeurer toujours dans l’unité et sous la surveillance de Dieu. Je salue Alcé, qui m’est si chère. Portez-vous bien dans le Seigneur.

Nous vous proposons ici d’écouter et/ou de télécharger l’émission radiodiffusée le 22 mai 2008 sur les ondes de la Radio Chrétienne de France – RCF Côte d’Azur. Le Père Marcel Sarkis, recteur de la paroisse antiochienne Saint Ignace le Théophore à Nice, reprend dans cette émission le propos de la conférence qu’il a donnée lors de la rencontre organisée par la paroisse russe Saint Nicolas (6, rue longchamp) le lundi 11 janvier 2008.

Production et enregistrement : P. Marcel Sarkis, diplômé de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge de Paris.
Montage : P. Marcel Sarkis et P. Michel Philippenko (paroisse orthodoxe russe de Nice Saint-Nicolas – Patriarcat Œcuménique de Constantinople).

Nous vous rappelons de même, que vous avez la possibilité de télécharger le texte de « la Vie et du Martyr du Saint Prêtre Yussif de Damas » en cliquant sur le lien: « Bulletin n° 8 ».

février 2026
D L M M J V S
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728

Catégories

Flickr Photos

Le christianisme orthodoxe..com. L'annuaire des sites web orthodoxes

LECTURES

Romans

Hagiographie

Offices

Commentaires récents

Blog Stats

  • 306 342 hits

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Rejoignez les 414 autres abonnés
Follow ~ . ~ Sous le patronage de Saint Ignace le Théophore ~ .. ~ on WordPress.com