Sa Béatitude Ignace IV a rejoint samedi 24 octobre le diocèse de Zahlé, Baalbeck et dépendances pour rendre hommage au Métropolite Spiridon (Khoury) qui est à la tête du diocèse depuis 42 ans. Le convoi a été salué avec joie à travers les routes et villages qu’il a emprunté jusqu’aux abords de la ville de Zahlé et du siège métropolitain. Au côté des évêques, prêtres et fidèles orthodoxes, des représentants religieux et politiques des autres communautés chrétiennes et musulmanes ont fait le déplacement pour participer à l’accueil en l’honneur de Sa Béatitude et pour exprimer aussi leurs sentiments envers Son Éminence Spiridon de Zahlé…

L’office des vêpres, célébré en la cathédrale Saint Nicolas, a été suivi de plusieurs interventions dont nous produisons ici des extraits. Monseigneur Georges du Mont Liban  a  parlé du métropolite Spiridon “avec qui il chemine à travers les années (nombreuses) vers le joyeux visage de Dieu” comme de la personne qu’il connait depuis soixante ans, “fidèle à la prière, penché sur tes livres dans une église qui rassemble la splendeur et son contraire… l’économie divine nous a fait progresser traversant les difficultés, chutant, glorifiant et louant dans nos adorations avant de rechuter à nouveau… tout le monde sait que le visage de l’évêque ainsi que celui du prêtre, lors de leur départ de ce monde, est couvert du voile avec lequel nous couvrons les Saints Dons, ceci signifie qu’il est devenu une offrande à Dieu, je te souhaite de devenir une offrande agréée auprès de Dieu, dit-il à Monseigneur Spiridon, après que tu aies terrassé toute convoitise en toi, et qu’il n’y ait plus rien en toi hormis Dieu seul. Plus de peur pour toi à partir de là, ton Maître pourrait te dévisager et voir ta lumière alors que tu disparais dans la sienne. Mon souhait est que, dans ma faiblesse, je puisse te voir toujours lumineux afin que peut-être je sois sauvé.” Le R.P. Georges Massouh a attiré l’attention sur la méthode utilisée par le Métropolite de Zahlé pour catéchiser les fidèles et qui leur permettait d’accéder avec simplicité à la Théologie Orthodoxe… “Dans ses écrits, il était fidèle au “dépôt” de la Foi et l’a fait fructifier par la grâce de l’Esprit Saint, il a œuvré afin que la sainteté soit l’ultime objectif de ses prêtres et des fidèles dont il avait la charge.”

Sa Béatitude prenant la parole dit: “l’amour des uns pour les autres a beaucoup diminué, mais celui qui est le moins bien aimé au Liban est le Liban lui-même. Nous espérons par la volonté de Dieu qu’il y ait une grande conversion afin qu’une charité générale vienne remplacer ce qui domine de nos jours… Nous nous plaisons en usant de paroles mais les paroles restent des paroles. Les bien-aimés qui se sont exprimés ont dit de belles paroles mais ils ont oublié de nous dire que Dieu ne parle pas seulement, Sa Parole est acte… Avec l’aide de Dieu, nous sommes passés à ‘l’acte qui se révèle’ comme il est dit dans la Torah ‘Soit et il fut’, assez de paroles.”

Le lendemain, dans son homélie, Sa Béatitude a rappelé “qu’il y a des versets que nous lisons dans la Sainte Écriture mais que nous n’entendons que rarement, comme par ex.: ‘Tout ce que vous voulez que les hommes fassent  pour vous, faites le vous-mêmes pour eux’, cela veut dire que si tu as de l’amour pour toi-même et que ceci est ce que tu as de plus cher, tu dois aimer les hommes que tu regardes avec le même amour que tu as pour ce qui est de plus cher pour toi. Il y a aussi d’autres versets: ‘la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous’… je dis cela en me posant la question en même temps, nous ne révélons pas suffisamment ceux qui, dans notre Église, ont reçu des dons et des capacités, pourquoi ? …Comme si nous avions peur de voir des hommes vivre dans l’accomplissement de telle ou telle vertu ou s’épanouir dans telle ou telle qualité, comme si nous avions peur de disparaître en parlant de quelqu’un de vertueux et de bon. Nous avons besoin, bien-aimés, de voir réellement avec nos yeux les vertus quand elles se trouvent chez les autres et non chez nous, et que nous n’ayons pas peur de le faire mais que nous rendions grâce à Dieu du fait que les autres aussi le louent et glorifient son Saint Nom… Je dis à Sayyidna Spiridon, pourquoi n’aurions-nous pas une ecclésiologie qui honore le brillant dans son domaine, dans ses paroles, dans sa moralité, dans sa réussite si tout cela est limpide et transparent ? Voilà pourquoi nous n’avons que peu d’hommage à rendre, nous demandons à Dieu de nous aider et de vous aider pour que nous puissions fêter et rendre hommage plus régulièrement.”

Sources: An Nahar; An Nahar2; An Nahar3