Les écrits des Pères Apostoliques, Foi Vivante – Les Éditions du CERF

Mais l’envieux, le jaloux, le mauvais, l’adversaire de la race des justes, voyant la grandeur de son témoignage et sa vie irréprochable dès le début, le voyant couronné de la couronne d’immortalité, et emportant une récompense incontestée, essaya de nous empêcher d’enlever son corps, bien que beaucoup d’entre nous voulussent le faire pour posséder sa sainte chair [Nous avons ici le premier témoignage de la vénération rendue aux reliques des martyrs]. Il suggéra donc à Nicétès, le père d’Hérode, le frère d’Alcè, d’aller trouver le magistrat pour qu’il ne nous livre pas le corps: « Pour qu’ils n’aillent pas, dit-il, abandonner le crucifié et se mettre à rendre un culte à celui-ci. » Il disait cela à la suggestion insistante des Juifs, qui nous avaient surveillés quand nous voulions retirer le corps du feu. Ils ignoraient que nous ne pourrons jamais ni abandonner le Christ qui a souffert pour le salut de tous ceux qui sont sauvés dans le monde, Lui l’innocent pour les pécheurs, – ni rendre un culte à un autre. Car Lui, nous l’adorons, parce qu’Il est le Fils de Dieu; quant aux martyrs, nous les aimons comme disciples et imitateurs du Seigneur, et c’est juste, à cause de leur dévotion incomparable envers leur Roi et Maître; puissions-nous, nous aussi, être leurs compagnons et leurs condisciples.