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Tout cela, Il l’a souffert pour nous, pour que nous soyons sauvés. Et Il a véritablement souffert, comme aussi Il s’est véritablement ressuscité, non pas, comme disent certains incrédules, qu’Il n’ait souffert qu’en apparence: eux-mêmes n’existent qu’en apparence, et il leur arrivera un sort conforme à leurs opinions, d’être sans corps et semblables aux démons.

Pour moi, je sais et je crois que même après Sa résurrection Il était dans la chair. Et quand Il vint à Pierre et à ceux qui étaient avec Lui, Il leur dit: « Prenez, touchez-moi, et voyez que je ne suis pas un démon sans corps. » Et aussitôt ils Le touchèrent, étroitement unis à Sa chair et à Son esprit. C’est pour cela qu’ils méprisèrent la mort, et qu’ils furent trouvés supérieurs à la mort.

Et après sa résurrection, Jésus mangea et but avec eux comme un être de chair, étant cependant spirituellement uni à Son Père.

Hymne 51 (SC 283, p. 319s)

«Les Ninivites se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas»

Ouvre, Seigneur, ouvre-moi la porte de Ta miséricorde avant le temps de mon départ (Mt 25,11). Car il me faut m’en aller, aller à Toi et me justifier de tout ce que je dis en paroles, accomplis en actes et pense en mon coeur. «Même la rumeur des murmures n’échappe pas à Ton oreille» (Sg 1,10). David Te crie dans son psaume : «Mes reins sont à toi ; dans Ton livre tout est écrit» (Ps 138,13.16). En y lisant les caractères de mes mauvaises actions, grave-les sur Ta croix, car c’est en elle que je me glorifie (Ga 6,14) en Te criant : «Ouvre-moi»… Lire le reste de cette entrée »

Je rends grâces à Jésus-Christ Dieu, qui vous a rendus si sages. Je me suis aperçu, en effet, que vous êtes achevés dans une foi inébranlable, comme si vous étiez cloués de chair et d’esprit à la Croix de Jésus-Christ, et solidement établis dans la charité par le sang du Christ, fermement convaincus au sujet de notre Seigneur qui est véritablement de la race « de David selon la chair » (Cf. Rm.1,3), Fils de Dieu selon la volonté et la puissance de Dieu, véritablement né d’une vierge, baptisé par Jean « pour que », par lui, « fût accomplie toute justice » (Cf. Mt.3,15).

Il a été véritablement cloué pour nous dans Sa chair sous Ponce Pilate et Hérode le tétrarque, – c’est grâce au fruit de Sa Croix, et à Sa Passion divinement bienheureuse que nous, nous existons, – pour « lever son étendard » (Cf. Is.5,26 ss) dans les siècles par Sa résurrection, et pour [rassembler] Ses saints et Ses fidèles, [venus] soit des juifs soit des gentils, dans l’unique corps de Son Eglise.

Les Sentences des Pères du désert (4e-5e siècles) Saint Macaire le Grand 11 (trad. Solesmes 1966, p. 217)

Un jour, Abba Macaire revenait du marais à sa cellule en portant des feuilles de palmier. Sur le chemin le diable vint à sa rencontre avec une faux de moissonneur : il voulut l’en frapper, mais sans succès.

Le diable lui dit alors : «Macaire, je souffre bien des tourments à cause de toi, car je ne peux pas te vaincre. Pourtant, je fais tout ce que tu fais : tu jeûnes, et moi je ne mange jamais ; tu veilles, et moi je ne dors pas du tout. Il n’y a qu’un seul point sur lequel tu me bats».

« Lequel ? » demanda Macaire.

« C’est ton humilité qui m’empêche de te vaincre »

Certains ont voulu me tromper selon la chair, mais on ne trompe pas l’Esprit, qui vient de Dieu. Car « il sait d’où il vient et où il va » (Jn. 3,8), et il révèle les secrets. J’ai crié, étant au milieu de vous, j’ai dit à haute voix, d’une voix de Dieu: « Attachez-vous à l’évêque, au presbytérium et aux diacres. » Ceux qui m’ont soupçonné de dire cela parce que je prévoyais la division de quelques-uns, il m’est témoin celui pour qui je suis enchaîné que je ne le savais pas d’une chair d’homme. C’est l’Esprit qui me l’annonçait en disant: « Ne faites rien sans l’évêque, gardez votre chair comme le temple de Dieu (cf. 1Co. 3,16; 6,19), aimez l’union, fuyez les divisions, soyez les imitateurs de Jésus-Christ, comme lui aussi l’est de son Père. » (cf. 1Co. 11,1)

J’ai donc fait tout ce qui est en moi, comme un homme fait pour l’union. Là où il y a division et colère, Dieu n’habite pas. Mais à tous ceux qui se repentent, le Seigneur pardonne, si ce repentir les amène à l’unité avec Dieu, et au sénat de l’évêque (collège de prêtres). J’ai foi en la grâce de Jésus-Christ qui vous délivrera de tout lien.

Prophétie d’Ézéchiel: 18,21-28

Si le méchant se détourne de tous les péchés qu’il a commis, s’il observe tous mes commandements, s’il pratique le droit et la justice, il ne mourra pas, il vivra. On ne se souviendra pas des péchés qu’il a commis, il vivra à cause de la justice qu’il a pratiquée.

Est-ce donc la mort du méchant que je désire, déclare le Seigneur, n’est-ce pas plutôt qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive ? Mais, si le juste se détourne de sa justice et fait le mal en imitant toutes les abominations des méchants, est-ce qu’il vivra ? On ne se souviendra plus de toute la justice qu’il avait pratiquée : à cause de son infidélité et de son péché, il mourra ! Et pourtant vous dites : ‘La conduite du Seigneur est étrange.’

Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui est étrange ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? Si le juste se détourne de sa justice, se pervertit, et meurt dans cet état, c’est à cause de sa perversité qu’il mourra. Mais si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Parce qu’il a ouvert les yeux, parce qu’il s’est détourné de ses fautes, il ne mourra pas, il vivra.

Mes frères, je déborde d’amour pour vous, et c’est dans la joie la plus grande que je cherche à vous affermir, non pas moi, mais Jésus-Christ; étant enchaîné pour lui, je crains d’avantage, dans la pensée que je suis encore imparfait; mais votre prière me rendra parfait pour Dieu, afin que j’obtienne l’héritage dont j’ai reçu la miséricorde, me réfugiant dans l’Evangile comme dans la chair de Jésus Christ, et dans les Apôtres comme au presbytérium de l’Eglise. Et aimons aussi les prophètes, car eux aussi ont annoncé l’Evangile, ils ont espéré en lui, le Christ, et l’ont attendu; croyant en lui, ils ont été sauvés, et demeurant dans l’unité de Jésus-Christ, saints dignes d’amour et d’admiration, ils ont reçu le témoignage de Jésus-Christ et ont été admis dans l’Evangile de notre commune espérance.

Si quelqu’un vous interprète [l’Ecriture] selon le judaïsme, ne l’écoutez pas. Car il est meilleur d’entendre le christianisme de la part d’un homme circoncis, que le judaïsme de la part d’un incirconcis. Si l’un et l’autre ne vous parlent pas de Jésus-Christ, ils sont pour moi des stèles et des tombeaux de morts, sur lesquels ne sont écrits que des noms d’hommes.

Homélie sur le mystère de l’Incarnation, 148 ; PL 52, 596 (trad. bréviaire rev.)

Le Christ guérit la paralysie de nos membres et de nos coeurs 

L’incarnation du Christ n’est pas normale, c’est miraculeux ; ce n’est pas conforme à la raison, mais à la puissance divine ; cela vient du Créateur, non de la nature; ce n’est pas commun, c’est unique; c’est divin, non pas humain. Elle ne s’est pas faite par nécessité, mais par puissance… Elle a été mystère de foi, renouvellement et salut pour l’homme. Celui qui, sans être né, a formé l’homme avec de la glaise intacte (Gn 2,7), en naissant a fait un homme à partir d’un corps intact; la main qui a daigné saisir de l’argile pour nous créer a daigné saisir aussi notre chair pour nous recréer… 

Homme, pourquoi te méprises-tu tellement, alors que tu es si précieux pour Dieu? Pourquoi, lorsque Dieu t’honore ainsi, te déshonores-tu à ce point? Pourquoi cherches-tu comment tu as été fait et ne recherches-tu pas en vue de quoi tu es fait? Est-ce que toute cette demeure du monde que tu vois n’a pas été faite pour toi?

Le Christ prend chair pour rendre toute son intégrité à la nature corrompue; il assume la condition d’enfant, il accepte d’être nourri, il traverse des âges successifs afin de restaurer l’âge unique, parfait et durable qu’il avait lui-même créé. Il porte l’homme, pour que l’homme ne puisse plus tomber. Celui qu’il avait créé terrestre, il le rend céleste; celui qui était animé par un esprit humain, il lui donne la vie d’un esprit divin. Et c’est ainsi qu’il l’élève tout entier jusqu’à Dieu, afin de ne rien laisser en lui de ce qui appartient au péché, à la mort, au labeur, à la douleur, à la terre. Voilà ce que nous apporte notre Seigneur Jésus Christ qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père, dans l’unité du Saint Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.

Car tous ceux qui sont à Dieu et à Jésus-Christ, ceux-là sont avec l’évêque; et tous ceux qui se repentiront et viendront à l’unité de l’Eglise, ceux-là aussi seront à Dieu, pour qu’ils soient vivants selon Jésus-Christ. « Ne vous y trompez pas », mes frères: si quelqu’un suit un fauteur de schisme, « il n’aura pas l’héritage du royaume de Dieu » (1Cor.6,9-10); si quelqu’un marche selon une pensée étrangère, celui-là ne s’accorde pas avec la passion du Christ.

Ayez donc soin de ne participer qu’à une seule Eucharistie; car il n’y a qu’une seule chair de notre Seigneur Jésus-Christ, et un seul calice pour nous unir en son sang, un seul autel, comme un seul évêque avec le presbyterium et les diacres, mes compagnons de service: ainsi, tout ce que vous ferez, vous le ferez selon Dieu.

Homélie 4, 77s (trad. SC 44, p. 95)

«Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent»

De même que l’oeil sain et pur reçoit le rayon lumineux qui lui est envoyé, ainsi l’oeil de la foi, avec la pupille de la simplicité, reconnaît la voix de Dieu aussitôt que l’homme l’entend. La lumière émanant de sa parole se lève en lui, il se lance joyeusement au devant d’elle et il la reçoit, comme l’a dit notre Seigneur dans son Évangile : «Mes brebis entendent ma voix et elles me suivent» (Jn 10,27)…

C’est avec cette pureté et cette simplicité que les apôtres ont suivi la parole du Christ. Le monde n’a pas pu les empêcher, ni les habitudes humaines les retenir, ni aucun des biens qui passent pour être quelque chose dans le monde les entraver. Ces âmes avaient senti Dieu et vivaient de la foi, et chez de telles âmes, rien dans le monde ne peut l’emporter sur la parole de Dieu. Celle-ci est faible dans les âmes mortes ; c’est parce que l’âme est morte que, de puissante, la Parole devient faible et que l’enseignement de Dieu, de valide, devient sans force chez elles. Car toute l’activité de l’homme se porte là où il vit ; celui qui vit pour le monde met au service du monde ses pensées et ses sens, tandis que celui qui vit pour Dieu se tourne vers ses commandements puissants dans toutes ses actions. Tous ceux qui ont été appelés ont obéi sur-le-champ à la voix qui les appelait lorsque le poids de l’amour des choses terrestres n’était pas suspendu à leur âme. Car les liens du monde sont un poids pour l’intelligence et les pensées, et ceux qui en sont liés et entravés entendent difficilement la voix de Dieu qui les appelle.

Mais les apôtres et, avant eux, les justes et les pères n’étaient pas ainsi ; ils ont obéi comme des vivants, et ils sont sortis légers, parce que rien du monde ne les liait de son poids. Rien ne peut lier et entraver l’âme qui sent Dieu ; elle est ouverte et prête, en sorte que la lumière de la voix divine la trouve en état de la recevoir chaque fois qu’elle vient.

Cet évêque [celui de Philadelphie d’Asie Mineure], je sais que ce n’est pas de lui-même, ni par les hommes (Ga.1,1), qu’il a obtenu ce ministère qui est au service de la communauté, ni par vaine gloire, mais par la charité de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ. Je suis frappé de sa bonté: par son silence, il peut plus que les vains discoureurs. Il est accordé aux commandements, comme la cithare à ses cordes. C’est pourquoi mon âme le félicite de ses sentiments envers Dieu – je sais qu’ils sont vertueux et parfaits – de son caractère inébranlable et sans colère, selon toute la bonté du Dieu vivant.

Ainsi, enfants de la lumière de vérité, fuyez les divisions et les mauvaises doctrines; là où est votre berger, suivez-le comme des brebis. Car beaucoup de loups apparement dignes de foi captivent par des plaisirs mauvais ceux qui courent [la course] de Dieu; mais ils n’auront pas place dans votre unité.

La Vie en Christ, II, 75s (trad. cf SC 355, p. 203)

Il y a pour nous deux façons de connaître les objets : la connaissance que l’on peut recevoir par ouï-dire, et puis celle que l’on peut acquérir par soi-même.

Par la première, nous n’atteignons pas l’objet lui-même, mais nous le percevons par les mots, comme en une image…; au contraire, faire l’expérience des objets, c’est les rencontrer eux-mêmes. Dans la seconde sorte de connaissance, la forme de l’objet saisit l’âme et éveille le désir comme une trace à la mesure de sa beauté…

De même, lorsque notre amour pour le Sauveur ne produit rien de nouveau ni d’extraordinaire, il est évident que nous n’avons eu affaire qu’à des paroles entendues à son sujet. Comment par ouï-dire pourrions-nous connaître comme il le mérite celui à qui rien ne ressemble…, celui à qui rien ne peut être comparé et qui ne peut être comparé à rien ? Comment pourrions-nous connaître sa beauté et l’aimer à la mesure de sa beauté ?

Mais quand des hommes éprouvent un vif désir de l’aimer, une envie de faire pour lui des choses qui surpassent la nature humaine, alors c’est l’Epoux lui-même qui les a blessés. Il a ouvert leurs yeux à sa beauté. La profondeur de la blessure témoigne que la flèche a frappé juste ; l’ardeur de leur désir révèle qui les a blessés. Voilà comment la nouvelle Alliance est différente de l’Ancienne : jadis c’était une parole qui éduquait les hommes ; aujourd’hui c’est le Christ présent en personne qui, d’une manière indicible, prépare et modèle les âmes des hommes.

Si l’enseignement de la Loi avait suffi pour mener l’homme à sa fin, les actes aussi extraordinaires qu’un Dieu devenu homme, crucifié et qui meurt n’auraient pas été nécessaires. Cela est vrai aussi des apôtres, nos pères dans la foi. Ils avaient entendu l’enseignement du Sauveur, les paroles de sa bouche ; ils avaient vu ses miracles et tout ce qu’il avait supporté pour les hommes, l’avaient vu mourir, ressusciter et regagner le ciel. Tout cela, ils le savaient, mais ils n’ont rien montré de nouveau, de généreux, de vraiment spirituel, jusqu’à ce qu’ils soient baptisés dans l’Esprit Saint…

Alors seulement, le vrai désir du Christ a été allumé en eux et par eux dans les autres.

Le prince de ce monde veut m’arracher, et corrompre les sentiments que j’ai pour Dieu. Que personne donc, parmi vous qui êtes là, ne lui porte secours; plutôt soyez pour moi, c’est à dire pour Dieu. N’allez pas parler de Jésus Christ, et désirer le monde. Que la jalousie n’habite pas en vous. Et si, quand je serai près de vous, je vous implore, ne me croyez pas. Croyez plutôt à ce que je vous écris. C’est bien vivant que je vous écris, désirant de mourir.

Mon désir terrestre a été crucifié, et il n’y a plus en moi de feu pour aimer la matière, mais en moi une « eau vive » (cf. Jn.4,10; Ap.14,25) qui murmure et qui dit au-dedans de moi: « Viens vers le Père » (cf. Jn.14,12…). Je ne me plais plus à une nourriture de corruption ni aux plaisirs de cette vie; c’est le pain de Dieu que je veux, qui est la chair de Jésus-Christ, de la race de David (Jn.7,42; Rm.1,3), et pour boisson je veux son sang, qui est l’amour incorruptible.

Homélies sur Saint Jean, n° 19

«Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras désormais Céphas, c’est-à-dire Pierre»… Voilà le nom que le Christ donne à Simon. Quant à Jacques et son frère, il les appellera «Fils du tonnerre» (Mc 3,17).

Pourquoi ces changements de nom ? Pour montrer que lui, Jésus, est le même que celui qui avait établi l’ancienne alliance, qui avait déjà changé le nom d’Abram en Abraham, celui de Saraï en Sara, et celui de Jacob en Israël (Gn 17,5s;32,29). Il avait aussi donné leur nom à plusieurs personnes au moment de leur naissance : Isaac, Samson, les enfants d’Isaïe et d’Osée…

Aujourd’hui, nous avons un nom bien supérieur à tous les autres ; c’est le nom de «Chrétien» – le nom qui fait de nous enfants de Dieu, amis de Dieu, un même corps avec lui.

Y a-t-il un autre nom qui pourrait plus nous rendre ardents dans les vertus, nous remplir de zèle, nous pousser à faire le bien ? Gardons-nous bien de faire quoi que ce soit d’indigne de ce nom si grand et si beau, lié au nom de Jésus Christ lui-même. Ceux qui portent le nom d’un grand chef militaire ou d’un personnage illustre se considèrent honorés et font tout pour en rester dignes.

Combien plus, nous qui tirons notre nom non d’un général ou d’un prince de cette terre, ni même d’un ange, mais du roi des anges, combien plus devons-nous être prêts à tout perdre, même notre vie, pour l’honneur de ce saint nom ?

Rien ne me servira des charmes du monde ni des royaumes de ce siècle. Il est bon pour moi de mourir (cf. 1Co.9,15) pour m’unir au Christ Jésus, plus que de régner sur les extrémités de la terre. C’est Lui que je cherche, qui est mort pour nous; Lui que je veux, qui est ressuscité pour nous. Mon enfantement approche.

Pardonnez-moi, frères; ne m’empêchez pas de vivre, ne veuillez pas que je meure. Celui qui veut être à Dieu, ne le livrez pas au monde, ne le séduisez pas par la matière. Laissez-moi recevoir la pure lumière; quand je serai arrivé là, je serai un homme. Permettez-moi d’être un imitateur de la passion de mon Dieu. Si quelqu’un a Dieu en lui, qu’il comprenne ce que je veux, et qu’il ait compassion de moi, connaissant ce qui m’étreint (cf.Ph.1,23).

Contre les hérésies, III, 10-11 (trad. cf. SC 34)

A propos de Jean le Baptiste, nous lisons chez Luc : « Il sera grand devant le Seigneur… il ramènera beaucoup des fils d’Israël au Seigneur leur Dieu. Il marchera devant lui avec l’esprit et la puissance d’Elie… afin de préparer pour le Seigneur un peuple bien disposé » (Lc 1,15-17).

Pour qui donc a-t-il préparé un peuple et devant quel Seigneur a-t-il été grand ?

Sans aucun doute devant celui qui a dit que Jean avait quelque chose de « plus qu’un prophète » et que « personne d’entre les enfants des femmes n’était plus grand que Jean le Baptiste » (Mt 11,9-11). Car Jean préparait un peuple en annonçant d’avance à ses compagnons de servitude la venue du Seigneur et en leur prêchant la pénitence, afin que, lorsque le Seigneur serait présent, ils soient en état de recevoir son pardon, qu’ils reviennent à celui dont ils s’étaient éloignés par leurs péchés et leurs transgressions… C’est pourquoi, en les ramenant à leur Seigneur, Jean préparait au Seigneur un peuple bien disposé, dans l’esprit et la puissance d’Elie…

Jean l’évangéliste nous dit : « Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière. Il n’était pas la Lumière, mais il venait pour lui rendre témoignage » (1,6-8). Ce précurseur, Jean le Baptiste, qui rendait témoignage à la lumière, a été envoyé sans aucun doute par le Dieu qui…avait promis par les prophètes d’envoyer son messager devant la face de son Fils pour lui préparer le chemin (Ml 3,1; Mc 1,2), c’est-à-dire pour rendre témoignage à la Lumière dans l’esprit et la puissance d’Élie…

Précisément parce que Jean est un témoin, le Seigneur dit qu’il était plus qu’un prophète. Tous les autres prophètes ont annoncé la venue de la lumière du Père et ont désiré être jugés dignes de voir celui qu’ils prêchaient. Jean a prophétisé comme eux mais il l’a vu présent, il l’a montré et a persuadé beaucoup de croire en lui, si bien qu’il a tenu à la fois la place d’un prophète et celle d’un apôtre. Voilà pourquoi le Christ dit de lui qu’il était « plus qu’un prophète ».

…Car ce n’est pas une oeuvre de persuasion que le christiansime, mais une oeuvre de  puissance, quand il est haï par le monde.

Moi, j’écris à toutes les églises, et je mande à tous que moi c’est de bon coeur que je vais mourir pour Dieu, si du moins vous, vous ne m’en empêchez pas. Je vous en supplie, n’ayez pas pour moi une bienveillance inopportune. Laissez-moi être la pâture des bêtes, par lesquelles il me sera possible de trouver Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je suis moulu par la dent des bêtes, pour être trouvé un pur pain du Christ. Flattez plutôt les bêtes, pour qu’elles soient mon tombeau, et qu’elles ne laissent rien de mon corps, pour que, dans mon dernier sommeil, je ne sois à charge de personne. C’est alors que je serai vraiment disciple de Jésus-Christ, quand le monde ne verra même plus mon corps. Implorez le Christ pour moi, pour que, par l’instrument des bêtes, je sois une victime offerte à Dieu. Je ne vous donne pas des ordres comme Pierre et Paul: eux, ils étaient libres, et moi jusqu’à présent un esclave (cf. 1Co. 9,1). Mais si je souffre, je serai un affranchi de Jésus-Christ (1Co. 7,22) et je renaîtrai en Lui, libre. Maintenant enchaîné, j’apprends à ne rien désirer.

Armez-vous d’une douce patience, et recréez-vous dans la Foi, qui est la chair de Jésus-Christ, et dans la charité, qui est le sang de Jésus Christ. Qu’aucun de vous n’ait rien contre son prochain. Ne donnez pas de prétexte aux Gentils, pour que, par le fait de quelques incensés, la communauté de Dieu ne soit pas blasphémée. Car « malheur à qui par sa légèrté fait blasphémer mon Nom » Is. 52, 5.

Soyez donc sourds quand on vous parle d’autre chose que de Jésus-Christ, de la race de David, [Fils] de Marie, qui est véritablement né, qui a mangé et qui a bu, qui a été véritablement persécuté sous Ponce Pilate, qui a été véritablement crucifié, et est mort, aux regards du ciel, de la terre et des enfers, qui est aussi véritablement réssuscité d’entre les morts.

Patrologie: Saint Ignace le Théophore

La Pénitence, I, 1 (trad. SC 179, p.53 rev.)

La modération est sans doute la plus belle des vertus… De ce fait, celui qui s’applique à corriger les défauts de la faiblesse humaine doit supporter et en quelque sorte peser cette faiblesse sur ses propres épaules, et non pas la rejeter. Car on lit que le berger de l’Évangile a porté la brebis fatiguée, non qu’il l’a rejetée (Lc 15,5)…

La modération, en effet, doit tempérer la justice. Autrement, comment quelqu’un pour qui tu montres du dégoût — quelqu’un qui penserait être pour son médecin un objet de mépris et non de compassion — comment pourrait-il venir vers toi pour être soigné ?

C’est pourquoi le Seigneur Jésus a fait preuve de compassion envers nous. Son désir était de nous appeler à lui, et pas de nous faire fuir en nous effrayant. La douceur marque sa venue ; sa venue est marquée par l’humilité. Il a dit d’ailleurs: « Venez à moi, vous tous qui peinez, et je vous réconforterai ». Ainsi donc, le Seigneur Jésus réconforte, il n’exclut pas, il ne rejette pas. Et c’est à bon droit qu’il a choisi pour disciples des hommes qui, en fidèles interprètes de la volonté du Seigneur, rassembleraient le peuple de Dieu, au lieu de le repousser.

J’ai de grandes pensées en Dieu, mais je me limite moi-même, pour ne pas me perdre par ma vanterie. Car maintenant surtout il me faut craindre, et ne pas prêter attention à ceux qui [tenteraient] de me gonfler [d’orgueil]. Car ceux qui me parlent [ainsi] me flagellent.

Et moi-même, bien que je sois enchaîné, et capable de concevoir les choses célestes, et les hiérarchies des anges, et les armées des principautés, les choses visibles et invisibles, je ne suis pas encore pour autant un disciple. Il nous manque beaucoup de choses, pour que Dieu ne nous manque pas.

Patrologie: Saint Ignace le Théophore

Homélies sur Josué, n° 5 (trad. SC 71, p. 166) 

« La vraie violence qui s’empare du Royaume des cieux »

Josué a traversé le Jourdain pour attaquer la ville de Jéricho. Mais Saint Paul enseigne : «Nous ne luttons pas contre des hommes, mais contre les forces invisibles, les puissances des ténèbres qui dominent le monde, les esprits du mal qui sont au-dessus de nous» (Ep 6,12)… [Il dit ailleurs au sujet des récits historiques]: «Ces évènements servaient d’exemple ; ils ont été écrits pour notre instruction, à nous qui voyons arriver la fin des temps» (1Co 10,11).

Si donc ces choses ont été écrites pour notre instruction, eh bien ! pourquoi tardes-tu ? Comme Josué, partons pour la guerre, prenons d’assaut la plus vaste cité de ce monde, c’est-à-dire la méchanceté, et détruisons les murailles orgueilleuses du péché. 

Regarderais-tu alentour quel chemin il faut prendre, quel champ de bataille il faut choisir ? Tu vas trouver, sans doute, mes paroles étonnantes, elles sont pourtant vraies : limite tes recherches à toi seul. En toi est le combat que tu vas livrer, à l’intérieur de toi l’édifice du mal et du péché qu’il faut abattre ; ton ennemi sort du fond de ton coeur. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le Christ ; écoute-le : «C’est du coeur que viennent les pensées mauvaises, meurtres, adultères, inconduites, vols, faux témoignages, diffamations» (Mt 15,19). Réalises-tu la puissance de cette armée ennemie qui s’avance contre toi du fond de ton coeur ? Voilà nos vrais ennemis.

Comment pourrions-nous vivre sans Jésus Christ, puisque les prophètes aussi, étant ses disciples par l’esprit, l’attendaient comme leur maître? Et c’est pourquoi Celui qu’ils attendaient justement les a, par Sa présence, ressuscités des morts.

Il est absurde de parler de Jésus Christ et de judaïser. Car ce n’est pas le christianisme qui a cru au judaïsme, mais le judaïsme au christianisme, en qui s’est réunie toute langue qui croit en Dieu.

Il convient donc de ne pas seulement porter le nom de chrétiens, mais de l’être aussi; certains, en effet, parlent toujours de l’évêque, mais font tout en dehors de lui. Ceux-là ne me paraissent pas avoir une bonne conscience car leurs assemblées ne sont pas légitimes, ni conformes au commandement du Seigneur.

Prenez donc les moeurs de Dieu, respectez-vous les uns les autres, et que personne ne regarde son prochain selon la chair, mais aimez-vous toujours les uns les autres en Jésus Christ. Qu’il n’y ait rien en vous qui puisse vous séparer, mais unissez-vous à l’évêque et aux presbytres en image et leçon d’incorruptibilité.

Mieux vaut se taire et être que parler sans être. Il est bon d’enseigner, si celui qui parle agit. Il n’y a donc qu’un seul maître (cf. Mt. 23, 8), celui qui « a dit et tout a été fait » (Ps. 32,9; 148, 5) et les choses qu’il a faites dans le silence sont dignes de Son Père.

Celui qui possède en vérité la parole de Jésus peut entendre même son silence, afin d’être parfait, afin d’agir par sa parole et de se faire connaître par son silence. Rien n’est caché au Seigneur, mais nos secrets mêmes sont près de Lui.

« Priez sans cesse » (1Tm. 5,17) pour les autres hommes. Car il y a en eux espoir de repentir, pour qu’ils arrivent à Dieu. Permettez-leur donc au moins par vos œuvres d’être vos disciples. En face de leurs colères, vous, soyez doux; de leurs vantardises, vous, soyez humbles; de leurs blasphèmes, vous, [montrez] vos prières; de leurs erreurs, vous, soyez « fermes dans la foi » (Col. 1,23) … Soyons leurs frères par la bonté et cherchons à être les « imitateurs du Seigneur » (1Tm. 1,6).

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